Publié le 9 septembre 2026 à 07:30 — Mis à jour le 17 septembre 2026 à 16:02

Après plusieurs mois relativement calmes, les taux de crédit immobilier montrent de nouveaux signes de tension en cette rentrée 2026.

Il ne s’agit pas encore d’une flambée comparable à celle observée en 2022 et 2023. Mais le mouvement mérite d’être surveillé : les conditions de financement des banques se sont dégradées et certains établissements commencent à répercuter cette hausse dans leurs nouveaux barèmes.

Pour les futurs acquéreurs, la question est donc simple : faut-il accélérer son projet avant une éventuelle nouvelle hausse des taux ?

Quels taux immobiliers en septembre 2026 ?

Les différents courtiers ne publient pas exactement les mêmes chiffres, car leurs données dépendent des banques partenaires et des dossiers effectivement financés.

Début septembre 2026, les taux moyens observés se situent approximativement dans les fourchettes suivantes :

Durée Taux moyens observés
15 ans 3,23 % à 3,43 %
20 ans 3,40 % à 3,54 %
25 ans 3,50 % à 3,61 %

CAFPI indique par exemple avoir obtenu en moyenne 3,23 % sur 15 ans, 3,43 % sur 20 ans et 3,53 % sur 25 ans. De son côté, Meilleurtaux affiche environ 3,28 %, 3,40 % et 3,50 % sur les mêmes durées.

Pretto constate des niveaux légèrement supérieurs : 3,43 % sur 15 ans, 3,54 % sur 20 ans et 3,61 % sur 25 ans.

Il faut donc davantage parler d’une zone de taux que d’un taux unique.

Les meilleurs dossiers restent largement sous ces moyennes

La bonne nouvelle est que les banques veulent toujours prêter.

Les emprunteurs présentant un dossier solide — revenus stables, apport, épargne résiduelle, comptes bien tenus et endettement maîtrisé — peuvent encore obtenir des conditions sensiblement meilleures.

CAFPI rapporte ainsi début septembre des meilleurs taux autour de :

  • 2,92 % sur 15 ans ;
  • 3,10 % sur 20 ans ;
  • 3,25 % sur 25 ans.

Il s’agit des meilleures conditions obtenues sur une partie des dossiers et non de taux accessibles à tous.

L’écart entre un dossier moyen et un excellent dossier peut donc dépasser plusieurs dixièmes de point, ce qui représente une somme importante sur vingt ou vingt-cinq ans.

Pourquoi les taux remontent-ils ?

Contrairement à une idée répandue, les taux immobiliers français ne dépendent pas uniquement des décisions de la Banque centrale européenne.

Pour les crédits immobiliers à taux fixe, les banques surveillent notamment les taux obligataires à long terme et particulièrement l’OAT française à 10 ans.

Or celle-ci évolue désormais autour ou au-dessus de 4 %, après avoir été proche de 3,3 % un an auparavant. Cette hausse renchérit les conditions de financement des établissements bancaires et réduit leur capacité à maintenir durablement des crédits immobiliers autour de 3 %.

Depuis plusieurs mois, les banques avaient en partie absorbé ce renchérissement afin de continuer à attirer de nouveaux clients.

Mais cette stratégie a ses limites.

Certaines commencent donc à augmenter leurs barèmes ou à réduire les décotes qu’elles accordaient jusqu’ici aux emprunteurs.

Faut-il attendre pour emprunter ?

Pour un acquéreur disposant aujourd’hui d’un projet solide, attendre uniquement dans l’espoir d’une baisse importante des taux paraît risqué.

Meilleurtaux estime qu’une hausse plus générale pourrait intervenir d’ici la fin de l’année si les tensions actuelles persistent, avec éventuellement des taux sur 20 ans approchant 3,70 % à 4 %. Il s’agit toutefois d’un scénario et non d’une certitude.

Quelques dixièmes de point peuvent sembler anecdotiques, mais leur impact devient important sur des montants élevés et de longues durées.

Une remontée des taux réduit mécaniquement la capacité d’emprunt des ménages à mensualité identique.

À l’inverse, il ne faut pas acheter précipitamment un bien médiocre simplement par peur d’une hausse future des taux.

Le prix d’achat reste souvent beaucoup plus déterminant que quelques dixièmes de point de crédit.

Le vrai sujet : négocier son dossier

Dans le contexte actuel, la stratégie la plus intéressante consiste probablement moins à essayer de prévoir le prochain mouvement de la BCE qu’à optimiser son financement.

Les écarts entre banques restent importants.

Un emprunteur peut notamment améliorer ses conditions grâce à :

  • un apport personnel suffisant ;
  • une épargne conservée après l’achat ;
  • une bonne tenue des comptes ;
  • un taux d’endettement maîtrisé ;
  • la mise en concurrence de plusieurs établissements ;
  • la négociation de l’assurance emprunteur.

Les banques cherchent également particulièrement à attirer certains profils, notamment les primo-accédants ou les clients disposant de revenus et d’une capacité d’épargne intéressants.

Autrement dit, le taux affiché dans un barème n’est pas nécessairement celui que vous obtiendrez.

Une hausse des taux peut-elle faire baisser les prix immobiliers ?

C’est possible, mais la relation n’est pas automatique.

Des conditions de crédit plus difficiles réduisent le nombre d’acheteurs capables de financer un bien. Dans les zones où la demande est faible, cela peut renforcer le pouvoir de négociation des acquéreurs.

Mais les marchés immobiliers restent extrêmement locaux.

Dans les villes ou quartiers où l’offre est rare, les prix peuvent résister malgré la remontée des taux.

Pour un investisseur ou un acquéreur, il faut donc analyser simultanément le prix du bien, son emplacement, le coût du financement et la capacité de négociation, plutôt que de regarder uniquement le taux du crédit.

Ce qu’il faut retenir

La rentrée de septembre 2026 marque le retour d’une légère tension sur le crédit immobilier.

Les taux moyens se situent actuellement autour de 3,2 % à 3,4 % sur 15 ans, 3,4 % à 3,5 % sur 20 ans et 3,5 % à 3,6 % sur 25 ans, avec des conditions nettement meilleures pour les meilleurs profils.

La hausse de l’OAT française à 10 ans constitue désormais le principal point de vigilance.

Pour les emprunteurs dont le projet est prêt, attendre une forte baisse des taux n’est donc pas nécessairement la meilleure stratégie. En revanche, comparer les banques et présenter un dossier parfaitement préparé peut encore permettre d’économiser plusieurs milliers d’euros sur la durée du financement.