Publié le 19 septembre 2026 à 18:00 — Mis à jour le 12 septembre 2026 à 08:30

Le barème de l’impôt sur le revenu pourrait être revalorisé d’environ 2 % en 2027, afin de tenir compte de l’inflation constatée en 2026. Une évolution importante pour des millions de contribuables français puisqu’elle permettrait d’éviter qu’une simple hausse de salaire destinée à compenser l’inflation n’entraîne mécaniquement une augmentation de l’impôt.

Attention toutefois : cette revalorisation de 2 % n’est pas encore définitivement adoptée. Elle devra être intégrée au projet de loi de finances pour 2027 puis votée par le Parlement.

Pourquoi parle-t-on d’une hausse de 2 % du barème ?

L’Insee anticipe désormais une inflation annuelle d’environ 2,1 % en 2026, et proche de 2 % hors tabac. C’est traditionnellement cette dernière mesure qui sert de référence pour revaloriser les tranches du barème de l’impôt sur le revenu.

L’indexation n’est cependant pas automatique. Chaque année, les nouveaux seuils sont fixés dans la loi de finances. Le gouvernement pourrait donc décider d’une revalorisation différente, voire d’un gel du barème.

À titre de comparaison, le barème applicable en 2026 aux revenus de 2025 a été relevé de 0,9 % afin de suivre l’inflation.

À quoi pourrait ressembler le barème 2027 ?

Si les seuils actuels étaient relevés uniformément de 2 %, le barème applicable aux revenus perçus en 2026 et déclarés au printemps 2027 pourrait être proche de celui-ci :

Revenu imposable par part Taux
Jusqu’à environ 11 832 € 0 %
De 11 833 € à environ 30 171 € 11 %
De 30 172 € à environ 86 269 € 30 %
De 86 270 € à environ 185 555 € 41 %
Au-delà d’environ 185 555 € 45 %

Ces montants sont encore des estimations : les seuils définitifs ne seront connus qu’avec le budget 2027. Le barème 2026 actuellement en vigueur commence à 11 600 € pour la tranche à 0 %, puis 29 579 €, 84 577 € et 181 917 € pour les tranches suivantes.

Est-ce réellement une baisse d’impôt ?

Pas exactement.

La revalorisation du barème sert surtout à neutraliser l’effet de l’inflation. Imaginons qu’un salarié bénéficie d’une augmentation de salaire de 2 % alors que les prix augmentent eux aussi de 2 %. Son pouvoir d’achat réel n’a pratiquement pas progressé.

Sans revalorisation du barème fiscal, cette hausse nominale de salaire pourrait pourtant entraîner davantage d’impôt. En relevant les seuils de 2 %, l’objectif est donc essentiellement d’éviter cette hausse fiscale « invisible ».

En revanche, une personne dont les revenus restent identiques pourrait effectivement bénéficier d’une légère diminution de son impôt, puisque les seuils des différentes tranches seraient relevés.

Passer dans une tranche supérieure ne signifie pas que tout le revenu est davantage taxé

C’est une confusion encore fréquente.

Le barème français est progressif : seule la partie du revenu dépassant un seuil est imposée au taux de la tranche supérieure.

Un contribuable entrant dans la tranche à 30 % ne voit donc pas l’ensemble de ses revenus taxés à 30 %. Une première partie reste exonérée, une autre est imposée à 11 %, puis seulement la fraction dépassant le seuil correspondant est taxée à 30 %.

Une augmentation de salaire reste donc financièrement avantageuse, même lorsqu’elle entraîne un changement de tranche marginale d’imposition.

Un gel du barème changerait complètement la donne

Le véritable point à surveiller lors de la présentation du budget 2027 sera donc la décision politique prise concernant cette indexation.

Si le gouvernement décidait de geler les seuils, les contribuables dont les revenus ont augmenté en 2026 pourraient subir une hausse de leur impôt, même lorsque cette progression n’a fait que suivre l’inflation.

Cette possibilité ne peut pas être totalement écartée compte tenu des contraintes pesant sur les finances publiques françaises. Lors de la préparation du budget 2026, un gel du barème avait d’ailleurs initialement été envisagé avant que la loi de finances ne retienne finalement une revalorisation de 0,9 %.

Quel impact pour votre épargne et vos placements ?

L’évolution du barème intéresse également les épargnants détenant des placements dont les revenus peuvent être soumis au barème progressif.

Pour certains dividendes, intérêts ou plus-values mobilières, le choix entre le prélèvement forfaitaire unique (PFU) et l’imposition au barème peut notamment dépendre de votre tranche marginale d’imposition. Les contribuables faiblement imposés peuvent, dans certaines situations, avoir intérêt à étudier l’option pour le barème plutôt que l’imposition forfaitaire.

Il convient cependant de raisonner sur l’ensemble des revenus concernés et pas placement par placement.

Ce qu’il faut retenir

Le scénario actuellement envisagé est celui d’une revalorisation d’environ 2 % du barème de l’impôt sur le revenu en 2027, correspondant à l’inflation hors tabac attendue en 2026.

Cette hausse des seuils ne constituerait pas véritablement un cadeau fiscal : elle servirait avant tout à éviter que l’inflation entraîne mécaniquement une augmentation de l’impôt.

Mais rien n’est encore définitivement acquis. Le projet de loi de finances pour 2027 sera donc déterminant : entre une indexation complète, une revalorisation partielle ou un éventuel gel du barème, la décision finale aura un impact direct sur l’impôt payé par des millions de foyers en 2027.