Publié le 17 septembre 2026 à 07:30 — Mis à jour le 7 septembre 2026 à 14:14

Les cures thermales vont-elles bientôt ne plus être remboursées par l’Assurance maladie ?

La question revient régulièrement depuis que les pouvoirs publics cherchent plusieurs milliards d’euros d’économies dans les dépenses de santé.

Mais attention aux titres alarmistes : au 7 septembre 2026, aucune suppression générale du remboursement des cures thermales n’a été décidée.

En revanche, leur prise en charge est désormais clairement réexaminée.

La Haute Autorité de santé doit notamment évaluer leur efficacité médicale afin d’éclairer les prochaines décisions budgétaires.

Comment une cure est-elle remboursée aujourd’hui ?

En 2026, une cure thermale peut toujours être prise en charge lorsqu’elle est prescrite par un médecin pour l’une des 12 orientations thérapeutiques reconnues et réalisée dans un établissement agréé et conventionné.

La cure doit normalement comporter 18 jours de soins effectifs.

L’Assurance maladie rembourse actuellement :

  • 70 % du tarif conventionnel pour la surveillance médicale ;
  • 65 % du forfait thermal correspondant aux soins réalisés ;
  • certains frais de transport et d’hébergement sous conditions de ressources.

Une complémentaire santé peut ensuite prendre en charge tout ou partie du ticket modérateur selon le contrat.

Les patients bénéficiant d’une ALD exonérante et suivant une cure directement liée à cette affection disposent encore de règles de prise en charge plus favorables.

Pourquoi parle-t-on aujourd’hui de déremboursement ?

Parce que le thermalisme est déjà entré dans le débat budgétaire.

Dans son rapport préparatoire pour 2026, la Caisse nationale d’assurance maladie avait recommandé un déremboursement partiel des cures thermales.

Lors des discussions budgétaires de 2025, une piste particulièrement sensible avait même envisagé de supprimer le remboursement à 100 % dont bénéficient certains patients en affection longue durée pour ramener leur prise en charge au régime normal.

Cette réforme n’a finalement pas conduit à une suppression générale du remboursement en 2026.

Le gouvernement a choisi une autre voie : demander une expertise scientifique à la Haute Autorité de santé.

La HAS va maintenant décider du sort du thermalisme ?

Pas exactement.

La HAS ne décide pas du remboursement. Elle doit évaluer le service médical rendu et l’intérêt de santé publique des cures thermales.

Le calendrier prévu comporte deux étapes :

automne 2026 : une première analyse de la littérature scientifique disponible ;

fin 2027 : une évaluation plus complète.

Le gouvernement a indiqué au Sénat qu’il souhaitait utiliser ces travaux pour éclairer les futures décisions concernant la prise en charge des cures.

Autrement dit, le vrai risque n’est pas une suppression brutale annoncée aujourd’hui, mais une réduction progressive des remboursements si l’évaluation médicale est jugée insuffisante au regard de leur coût.

Combien coûtent les cures à l’Assurance maladie ?

Le secteur représente plusieurs centaines de millions d’euros par an.

Les données sectorielles évoquent environ 350 millions d’euros de dépenses pour l’Assurance maladie, soit autour de 0,13 % des dépenses de santé.

Ce montant est relativement faible à l’échelle du budget total de la Sécurité sociale.

Mais dans un contexte où chaque économie est recherchée, même quelques centaines de millions d’euros deviennent politiquement intéressants.

C’est ce qui explique que le thermalisme revienne régulièrement dans les propositions d’économies.

Le thermalisme représente désormais environ 466 000 curistes

Le secteur n’a par ailleurs pas retrouvé son niveau d’avant-Covid.

En 2025, environ 466 000 curistes conventionnés ont fréquenté les établissements thermaux français, contre environ 471 000 l’année précédente.

En Auvergne-Rhône-Alpes seulement, près de 94 700 cures ont été réalisées, notamment à Aix-les-Bains, Vichy, Royat, Le Mont-Dore ou Châtel-Guyon.

L’Assurance maladie recense aujourd’hui 88 stations thermales conventionnées et 107 établissements adhérents à la convention 2023-2027.

Une diminution importante du remboursement aurait donc également des conséquences économiques locales.

Que se passerait-il en cas de baisse du remboursement ?

Prenons un exemple simplifié.

Si un forfait thermal conventionné coûtait 600 €, une prise en charge à 65 % représenterait 390 € remboursés par l’Assurance maladie.

Le reste serait de 210 €, éventuellement couvert par la complémentaire.

Si demain le taux de remboursement était fortement diminué, trois scénarios pourraient apparaître :

les complémentaires augmentent leur prise en charge, avec éventuellement une répercussion sur les cotisations ;

les patients paient davantage de leur poche ;

ou une partie des curistes renonce à partir.

Ce troisième scénario inquiète évidemment les stations thermales.

Les trois semaines de cure génèrent en effet des dépenses d’hébergement, de restauration, de transport et de commerce local largement supérieures au seul montant des soins.

Qui serait le plus pénalisé ?

Une réduction importante de la prise en charge ne toucherait pas tous les curistes de la même manière.

Un ménage disposant de revenus élevés et d’une bonne complémentaire pourrait probablement continuer à financer une cure.

Pour un retraité disposant d’une pension modeste, le reste à charge supplémentaire pourrait au contraire devenir suffisamment important pour l’amener à renoncer.

La question du remboursement est donc aussi une question d’accès aux soins.

C’est notamment pourquoi les associations de patients et les élus des territoires thermaux demandent que l’efficacité médicale réelle soit évaluée avant toute décision budgétaire.

Les cures sont-elles réellement efficaces ?

C’est précisément la question à laquelle la HAS doit répondre.

Le thermalisme est notamment utilisé en rhumatologie, pour certaines affections respiratoires, dermatologiques, neurologiques ou métaboliques.

Les défenseurs du dispositif mettent en avant une amélioration de la douleur, de la mobilité ou de la qualité de vie pour certains patients chroniques.

Mais pour l’Assurance maladie, l’enjeu consiste à déterminer si les bénéfices démontrés sont suffisamment solides pour justifier une prise en charge collective, et pour quelles pathologies.

Il ne s’agit donc pas nécessairement de répondre par « efficace » ou « inefficace ».

Le futur remboursement pourrait devenir plus ciblé selon les indications médicales.

Faut-il craindre une suppression dès 2027 ?

À ce stade, non.

Aucun texte adopté ne prévoit la fin générale du remboursement des cures thermales au 1er janvier 2027.

En revanche, la première analyse de la HAS attendue à l’automne 2026 pourrait alimenter les débats du prochain budget de la Sécurité sociale.

Plusieurs scénarios restent donc possibles :

maintien du régime actuel ;

baisse du taux de remboursement ;

restriction à certaines pathologies ;

modification du régime des patients en ALD ;

ou réforme plus profonde après l’avis définitif de la HAS attendu fin 2027.

C’est donc un dossier à surveiller de très près.

Ce qu’il faut retenir

Les cures thermales restent remboursées en 2026.

L’Assurance maladie prend actuellement en charge 65 % du forfait thermal et 70 % de la surveillance médicale, avec des règles particulières selon la situation du patient.

Mais leur avenir n’est plus totalement assuré.

La CNAM a proposé un déremboursement partiel et le gouvernement a demandé à la Haute Autorité de santé d’évaluer leur efficacité avant de prendre de futures décisions. Une première analyse est attendue à l’automne 2026 et l’avis complet à la fin de 2027.

La véritable question n’est donc pas aujourd’hui :

« Les cures thermales vont-elles être supprimées ? »

Mais plutôt :

« L’Assurance maladie continuera-t-elle demain à les rembourser aussi largement qu’aujourd’hui, et pour toutes les pathologies ? »

C’est probablement sur ce terrain que se jouera l’avenir du thermalisme français.