Publié le 27 July 2026 à 12:00 — Mis à jour le 22 July 2026 à 00:21

 

BlackRock dépasse 15 000 milliards de dollars d’actifs sous gestion : que signifie vraiment ce record ?

Article mis à jour le 21 juillet 2026

BlackRock vient de franchir un nouveau seuil historique. Au 30 juin 2026, le groupe américain gérait exactement 15 344 milliards de dollars d’actifs, contre 13 895 milliards trois mois plus tôt.

L’information a été publiée le 15 juillet 2026, à l’occasion de la présentation des résultats du deuxième trimestre. Avec ce montant, BlackRock conserve sa place de premier gestionnaire d’actifs mondial, devant Vanguard, qui administrait 11 900 milliards de dollars au 31 mars 2026.

Ce record impressionne par son ampleur. Il doit toutefois être correctement interprété. BlackRock ne possède pas personnellement 15 344 milliards de dollars et ne peut pas utiliser librement cette somme. Ces actifs appartiennent aux investisseurs, aux fonds de pension, aux assureurs, aux entreprises et aux institutions qui lui en confient la gestion.

Le record illustre avant tout la place prise par BlackRock dans l’épargne mondiale, la gestion indicielle, les marchés privés et les technologies financières.

Ce qu’il faut retenir

BlackRock gérait 15 344 milliards de dollars au 30 juin 2026, soit une progression de 22 % sur un an.

Les ETF du groupe, principalement commercialisés sous la marque iShares, représentent désormais plus de 6 246 milliards de dollars.

La progression des encours provient à la fois des nouveaux investissements des clients, de la hausse des marchés financiers et des acquisitions réalisées par BlackRock.

Le groupe ne possède pas les actifs confiés par ses clients. Il les administre en contrepartie de frais de gestion.

Pour un épargnant français, la taille de BlackRock ne garantit ni la performance ni l’absence de risque d’un fonds. Le produit doit toujours être analysé selon son indice, ses frais, sa méthode de réplication, sa liquidité et son cadre fiscal.

BlackRock franchit réellement les 15 000 milliards en 2026

Le seuil des 15 000 milliards de dollars n’avait pas été atteint en 2023, contrairement à ce que certaines publications anciennes ou générées automatiquement peuvent laisser entendre.

À la fin de l’année 2023, BlackRock gérait environ 10 000 milliards de dollars. Les encours sont ensuite passés à 11 600 milliards fin 2024, puis à 14 000 milliards fin 2025. Ils ont finalement atteint 15 344 milliards de dollars au 30 juin 2026.

Date Actifs sous gestion
31 décembre 2023 10 000 milliards de dollars
31 décembre 2024 11 600 milliards de dollars
31 décembre 2025 14 000 milliards de dollars
30 juin 2026 15 344 milliards de dollars

En deux ans et demi, les encours gérés ont donc progressé d’un peu plus de 50 %. Une telle augmentation ne signifie cependant pas que les clients ont versé 5 344 milliards de dollars supplémentaires.

Pour comprendre cette croissance, il faut distinguer les nouveaux investissements des clients de la simple revalorisation des actifs déjà présents dans les fonds.

BlackRock ne possède pas 15 344 milliards de dollars

Les actifs sous gestion, ou assets under management, représentent la valeur totale des placements administrés par BlackRock pour le compte de ses clients.

Ces clients peuvent être :

  • des fonds de pension ;
  • des compagnies d’assurance ;
  • des banques ;
  • des États et des banques centrales ;
  • des entreprises ;
  • des fondations ;
  • des gestionnaires de patrimoine ;
  • des épargnants particuliers.

Lorsqu’un investisseur achète un ETF iShares répliquant le S&P 500, BlackRock gère le fonds et perçoit des frais. Les actions détenues dans le portefeuille appartiennent cependant au fonds, au bénéfice de ses porteurs de parts. Elles ne deviennent pas la propriété économique de BlackRock.

BlackRock le précise lui-même dans ses documents : les actifs gérés appartiennent à ses clients et sont investis selon les objectifs et les mandats qu’ils ont choisis. À la fin de 2025, plus de la moitié des encours du groupe était liée, directement ou indirectement, à l’épargne retraite.

Il faut donc éviter de comparer les 15 344 milliards de dollars d’actifs sous gestion avec le chiffre d’affaires, la trésorerie ou la capitalisation boursière d’une entreprise.

D’où vient la hausse spectaculaire du deuxième trimestre ?

Entre le 31 mars et le 30 juin 2026, les encours de BlackRock ont progressé d’environ 1 450 milliards de dollars.

Dans le détail, cette variation provient principalement :

  • de 191,7 milliards de dollars de collecte nette ;
  • de 1 283,6 milliards de dollars de hausse des marchés ;
  • d’un effet de change négatif de 18,1 milliards ;
  • de 7,2 milliards de réalisations et retours de capitaux sur certains investissements.

La progression du deuxième trimestre provient donc très largement de l’appréciation des marchés financiers. Environ 89 % de l’augmentation brute des encours s’explique par l’évolution positive de la valeur des actifs déjà gérés, et non par de nouveaux versements.

Cela ne minimise pas la performance commerciale de BlackRock. Le groupe a enregistré 192 milliards de dollars de collecte nette au deuxième trimestre et un record de 321 milliards sur l’ensemble du premier semestre 2026.

Sur douze mois, les entrées nettes atteignent 868 milliards de dollars. Les flux se sont notamment dirigés vers les ETF, les obligations gérées activement, les stratégies actions systématiques et les marchés privés.

Les ETF iShares dépassent 6 000 milliards de dollars

La gestion indicielle reste l’un des principaux moteurs de BlackRock.

Au 30 juin 2026, les ETF du groupe représentaient 6 246 milliards de dollars, soit près de 41 % de l’ensemble de ses actifs sous gestion. Les encours des ETF ont approximativement doublé en trois ans.

BlackRock n’a pourtant pas créé seul le marché des fonds indiciels. Vanguard a joué un rôle historique déterminant dans la démocratisation de l’investissement indiciel auprès des particuliers.

BlackRock est devenu un acteur dominant après le rachat, en 2009, de Barclays Global Investors. Cette opération lui a notamment permis de récupérer la marque iShares et ses activités d’ETF.

Depuis, iShares s’est imposé comme l’une des principales plateformes mondiales d’ETF. La taille du groupe lui permet de proposer une gamme très large :

  • grands indices actions ;
  • obligations ;
  • matières premières ;
  • marchés émergents ;
  • facteurs de risque ;
  • secteurs économiques ;
  • ETF actifs ;
  • actifs numériques.

Cette puissance commerciale ne signifie pas qu’un ETF BlackRock est automatiquement meilleur qu’un produit concurrent. Deux fonds répliquant le même indice peuvent présenter des différences de frais, de fiscalité, de liquidité, de performance réelle et de méthode de réplication.

BlackRock ne se limite plus à la gestion passive

Au 30 juin 2026, BlackRock gérait également :

  • 3 665 milliards de dollars en gestion active ;
  • 4 364 milliards en gestion indicielle hors ETF ;
  • 1 069 milliard en gestion de trésorerie ;
  • 449 milliards dans les investissements alternatifs ;
  • près de 49 milliards dans les actifs numériques.

La gestion active représentait seulement 24 % des encours totaux, mais générait environ 42 % des commissions de gestion et revenus de prêt de titres. À l’inverse, la gestion indicielle institutionnelle hors ETF représentait 28 % des encours, mais seulement 7 % de ces revenus.

Cette différence explique pourquoi BlackRock cherche à accélérer dans les marchés privés, le crédit privé et la technologie. Ces activités génèrent généralement des commissions plus élevées que les fonds indiciels traditionnels.

Les acquisitions ont transformé le groupe

BlackRock a mené plusieurs acquisitions majeures afin de ne plus dépendre uniquement des ETF et de la hausse des marchés cotés.

Le groupe a notamment intégré :

  • Global Infrastructure Partners, spécialisé dans les infrastructures ;
  • Preqin, fournisseur de données et d’analyses sur les marchés privés ;
  • HPS Investment Partners, spécialiste du crédit privé.

L’acquisition de Global Infrastructure Partners a été finalisée en octobre 2024. Celle de Preqin a été achevée en mars 2025, puis celle de HPS en juillet 2025.

Ces opérations permettent à BlackRock de proposer des solutions couvrant à la fois :

  • les actions et obligations cotées ;
  • les infrastructures ;
  • la dette privée ;
  • l’immobilier ;
  • les données financières ;
  • la gestion des risques ;
  • les technologies de portefeuille.

La stratégie vise aussi à augmenter la part des revenus moins directement dépendants des fluctuations quotidiennes des marchés.

Aladdin : l’autre puissance de BlackRock

BlackRock n’est pas seulement une société de gestion. Le groupe vend également des technologies à d’autres institutions financières.

Sa plateforme Aladdin permet notamment de centraliser :

  • la gestion des portefeuilles ;
  • l’analyse des risques ;
  • le suivi des positions ;
  • les opérations de marché ;
  • les contrôles réglementaires ;
  • les données financières.

Au deuxième trimestre 2026, les revenus issus des services technologiques et des abonnements ont atteint 566 millions de dollars, en hausse de 13 % sur un an. Sur le premier semestre, ils ont représenté près de 1,1 milliard de dollars.

L’intégration de Preqin doit renforcer cette activité en ajoutant davantage de données sur les fonds non cotés, les infrastructures, le capital-investissement et le crédit privé.

Cette concentration des données et des outils constitue un avantage concurrentiel majeur. Elle soulève aussi des interrogations sur la dépendance d’un grand nombre d’institutions financières à une même infrastructure technologique.

BlackRock possède-t-il une partie de toutes les grandes entreprises ?

BlackRock apparaît parmi les principaux actionnaires de nombreuses sociétés cotées. Cette situation est principalement liée aux fonds et ETF qu’il gère pour ses clients.

À la fin de 2025, les clients de BlackRock détenaient environ 7 700 milliards de dollars d’actions cotées. Près de 90 % de ces actifs étaient placés dans des stratégies indicées.

Lorsqu’un ETF réplique un grand indice, il doit acheter les entreprises composant cet indice. BlackRock se retrouve ainsi automatiquement présent au capital de nombreuses sociétés, sans avoir nécessairement choisi individuellement chacune d’elles.

La question du pouvoir actionnarial demeure néanmoins réelle. Lorsqu’un client lui délègue ses droits de vote, BlackRock peut voter lors des assemblées générales sur :

  • la nomination des administrateurs ;
  • la rémunération des dirigeants ;
  • les opérations financières ;
  • certaines résolutions environnementales ou sociales ;
  • la gouvernance de l’entreprise.

En 2025, les équipes de BlackRock ont voté sur plus de 154 000 résolutions dans 12 389 entreprises réparties sur 53 marchés.

Le groupe développe toutefois un programme permettant à certains investisseurs de choisir directement leur politique de vote. Fin 2025, ce dispositif était accessible pour 3 760 milliards de dollars d’actifs indiciels, mais seuls environ 885 milliards avaient effectivement adopté cette possibilité.

Une taille qui apporte des avantages

La taille de BlackRock peut produire plusieurs avantages pour les investisseurs.

Des économies d’échelle

Plus un fonds rassemble d’actifs, plus ses coûts fixes peuvent être répartis entre un grand nombre d’investisseurs. Cela peut favoriser des frais de gestion réduits.

Une liquidité généralement importante

Les principaux ETF iShares font l’objet d’un volume élevé de transactions. Cela peut contribuer à limiter les écarts entre les prix d’achat et de vente, notamment sur les produits les plus populaires.

Une gamme très étendue

BlackRock peut proposer des fonds couvrant presque toutes les grandes classes d’actifs et zones géographiques.

Des moyens technologiques importants

La taille du groupe lui permet d’investir dans les systèmes informatiques, la cybersécurité, l’analyse des risques et le suivi réglementaire.

Ces avantages ne dispensent cependant pas l’investisseur d’analyser chaque produit. Un fonds peut être important et liquide tout en étant mal adapté à son horizon, à sa fiscalité ou à son niveau de risque.

Les risques liés à la concentration

La taille de BlackRock soulève plusieurs préoccupations.

La concentration du pouvoir de vote

Quelques grands gestionnaires indiciels détiennent, pour le compte de leurs clients, des participations importantes dans la majorité des grandes sociétés cotées. Leur politique de vote peut donc influencer la gouvernance des entreprises.

La dépendance technologique

De nombreuses institutions utilisent Aladdin ou d’autres solutions du groupe. Une défaillance technique, une cyberattaque ou une erreur opérationnelle pourrait avoir des conséquences importantes.

Les risques des marchés privés

Le développement dans le crédit privé et les actifs non cotés expose BlackRock à des actifs moins liquides, plus difficiles à valoriser et plus sensibles à un retournement économique.

Le Conseil de stabilité financière estime que les interconnexions entre le crédit privé, les banques, les assureurs et les fonds de capital-investissement se renforcent. Il souligne notamment les risques liés au levier, à la qualité des emprunteurs, à la liquidité et à la concentration.

Le risque de liquidité des fonds

BlackRock n’a pas besoin de détenir une réserve globale correspondant aux 15 344 milliards de dollars gérés. En revanche, chaque fonds doit pouvoir répondre aux demandes de rachat dans des conditions compatibles avec la liquidité de ses actifs.

Le risque systémique apparaît notamment lorsqu’un fonds promet des rachats rapides tout en détenant des actifs difficiles à revendre. Le Conseil de stabilité financière considère la transformation de liquidité et l’accumulation de levier comme deux des principales sources de vulnérabilité de la finance non bancaire.

Que se passerait-il si BlackRock rencontrait des difficultés ?

La faillite éventuelle d’une société de gestion ne signifie pas que les actifs de ses fonds disparaissent avec elle.

Pour les ETF autorisés dans l’Union européenne, les actifs du fonds sont normalement conservés par un dépositaire juridiquement séparé de la société de gestion. Ce mécanisme vise à protéger les porteurs de parts en cas de défaillance du gestionnaire.

Cela ne supprime pas tous les risques. Un investisseur reste notamment exposé :

  • aux baisses des marchés ;
  • à l’indice suivi ;
  • à une éventuelle erreur de réplication ;
  • au risque de contrepartie ;
  • aux variations de devises ;
  • au manque de liquidité ;
  • aux problèmes opérationnels.

La taille de BlackRock ne constitue donc ni une garantie en capital ni une protection contre les pertes financières.

Comment BlackRock se compare-t-il à ses concurrents ?

Au 30 juin 2026, BlackRock gérait 15 344 milliards de dollars.

Vanguard déclarait 11 900 milliards de dollars au 31 mars 2026. Amundi, premier gestionnaire européen, administrait 2 398 milliards d’euros à la même date. Les dates et monnaies ne sont pas parfaitement comparables, mais l’écart illustre la taille exceptionnelle prise par les deux grands groupes américains.

BlackRock reste néanmoins confronté à une concurrence importante de :

  • Vanguard ;
  • State Street ;
  • Fidelity ;
  • JPMorgan Asset Management ;
  • Goldman Sachs Asset Management ;
  • Amundi ;
  • Capital Group.

La concurrence porte sur les frais, la performance, la distribution, les technologies, les ETF actifs et l’accès aux marchés privés.

Quelles conséquences pour un épargnant français ?

Le franchissement des 15 000 milliards de dollars ne nécessite pas de modifier immédiatement son portefeuille.

Pour un investisseur français qui envisage un ETF BlackRock, les critères essentiels restent :

  • l’indice suivi ;
  • les frais annuels ;
  • l’écart réel entre la performance du fonds et celle de l’indice ;
  • la méthode de réplication ;
  • la taille et la liquidité du fonds ;
  • la devise de cotation ;
  • l’exposition réelle aux devises ;
  • la domiciliation du fonds ;
  • la politique de distribution ou de capitalisation ;
  • l’éligibilité éventuelle au PEA ;
  • les risques présentés dans le document d’informations clés.

Il ne faut pas choisir un ETF uniquement parce qu’il est géré par BlackRock. Un produit d’Amundi, Vanguard, State Street, BNP Paribas Asset Management ou d’un autre émetteur peut être plus adapté selon l’indice recherché, les frais et l’enveloppe fiscale utilisée.

À l’inverse, il serait également excessif d’écarter automatiquement un fonds iShares au seul motif que BlackRock est devenu trop important. Le risque doit être apprécié au niveau du produit et de son portefeuille, pas uniquement à partir de la taille du gestionnaire.

Conclusion : un record révélateur, mais pas une prise de contrôle de l’économie mondiale

Le dépassement des 15 000 milliards de dollars confirme la position dominante de BlackRock dans la gestion d’actifs mondiale.

Ce record repose sur plusieurs moteurs : la collecte de nouveaux capitaux, la hausse des marchés, le succès des ETF iShares, la gestion active, les marchés privés et les acquisitions de Global Infrastructure Partners, Preqin et HPS.

Il ne signifie pas que BlackRock possède 15 344 milliards de dollars ni qu’il contrôle librement toutes les entreprises présentes dans ses fonds. Les actifs appartiennent aux clients et sont gérés dans le cadre de mandats précis.

La taille du groupe lui apporte néanmoins une influence considérable : pouvoir de vote dans les assemblées générales, poids dans les ETF, maîtrise de technologies utilisées par de nombreuses institutions et présence croissante dans le crédit privé.

Pour les investisseurs, le principal enseignement est donc double. La puissance de BlackRock peut favoriser des produits liquides, diversifiés et peu coûteux. Mais elle renforce aussi les enjeux de concentration, de gouvernance, de technologie et de stabilité financière.

Le chiffre de 15 344 milliards de dollars doit ainsi être considéré comme la mesure de l’ampleur des actifs confiés à BlackRock, et non comme celle d’une fortune détenue directement par l’entreprise.