Publié le 7 septembre 2026 à 12:30 — Mis à jour le 5 septembre 2026 à 19:04

Chaînes cassées, bagues anciennes, bracelets hérités ou bijoux que l’on ne porte plus : leur valeur potentielle a considérablement augmenté ces dernières années.

Au 4 septembre 2026, l’or évolue autour de 4 400 dollars l’once, soit environ 3 800 à 3 850 euros l’once et plus de 120 euros le gramme d’or pur.

À titre de comparaison, le 30 septembre 2021, l’once valait environ 1 519 €, soit moins de 49 € le gramme.

En cinq ans, le prix de l’or exprimé en euros a donc été multiplié par environ 2,5.

Pour ceux qui possèdent de vieux bijoux, la question de la vente mérite donc clairement d’être posée.

L’or reste très cher… malgré sa correction de 2026

Le parcours de l’or a été spectaculaire.

Début 2026, le métal jaune avait même dépassé 5 500 dollars l’once avant de retomber sous 4 000 dollars en juin.

Il est depuis remonté autour de 4 400 dollars.

Nous ne sommes donc plus sur les records absolus du début d’année, mais les niveaux restent historiquement extrêmement élevés.

Les raisons sont multiples : tensions géopolitiques, achats des banques centrales, inquiétudes sur les dettes publiques, inflation et recherche d’actifs refuges.

Cela signifie-t-il qu’il faut vendre maintenant ?

Pas nécessairement. Mais pour un bijou inutilisé depuis vingt ans, la hausse du métal offre aujourd’hui une fenêtre de valorisation particulièrement intéressante.

Votre bijou ne vaut pas le cours de l’or affiché

C’est probablement le point le plus important.

Lorsque l’on lit qu’un gramme d’or vaut environ 123 €, il s’agit d’un gramme d’or pur, soit 24 carats.

Or la plupart des bijoux français ne sont pas constitués d’or pur.

Un bijou en :

  • 18 carats contient 75 % d’or ;
  • 14 carats, environ 58,5 % ;
  • 9 carats, 37,5 %.

Un bracelet de 20 grammes en or 18 carats ne contient donc que 15 grammes d’or fin.

Et même cette valeur théorique n’est pas nécessairement le montant que le professionnel vous proposera : il doit tenir compte de sa marge, des coûts de traitement et éventuellement du raffinage.

Il faut donc se méfier des publicités annonçant simplement un prix « par gramme d’or » sans préciser le titre du métal concerné.

Avant de vendre à la fonte, vérifiez la valeur du bijou

C’est l’erreur qui peut coûter le plus cher.

Tous les bijoux en or ne doivent pas être vendus uniquement pour leur poids.

Un bijou signé Cartier, Van Cleef & Arpels, Boucheron, Chaumet ou Bulgari, une pièce ancienne, un modèle recherché ou un bijou comportant des pierres de qualité peut valoir bien davantage que son simple contenu en or.

Un professionnel spécialisé dans le rachat d’or peut essentiellement valoriser le métal.

Une maison de vente aux enchères ou un spécialiste en joaillerie ancienne peut au contraire évaluer :

le créateur, la période, la rareté, l’état, les pierres et la demande des collectionneurs.

Avant de vendre un bijou ancien ou signé, une expertise séparée est donc indispensable.

Fiscalité : l’erreur des 5 000 €

La fiscalité française est également très souvent mal expliquée.

Pour les bijoux, une vente dont le prix ne dépasse pas 5 000 € est exonérée de la taxe forfaitaire sur les objets précieux.

Au-delà de 5 000 €, la règle de principe prévoit une taxe de :

6 % du prix de vente + 0,5 % de CRDS, soit 6,5 %.

Et attention : cette taxe porte sur le prix total de vente, pas uniquement sur votre bénéfice.

Un bijou vendu 10 000 € peut donc générer 650 € de taxation forfaitaire même s’il avait initialement coûté très cher.

Une autre fiscalité peut être beaucoup plus intéressante

Le vendeur peut toutefois opter pour le régime de la plus-value réelle s’il est capable de justifier la date et le prix d’acquisition du bijou, ou une détention supérieure à 22 ans.

Dans ce régime, un abattement de 5 % par année de détention au-delà de la deuxième année s’applique.

Après 22 ans de détention, la plus-value est donc entièrement exonérée.

Cela peut être particulièrement intéressant pour un bijou de famille si vous possédez les justificatifs nécessaires.

Conserver les factures, actes de donation, inventaires ou documents de succession peut donc avoir une véritable valeur fiscale.

Comment éviter de vendre son or trop peu cher ?

Le cours de l’or est identique pour tout le monde. Les offres de rachat, elles, peuvent être très différentes.

La DGCCRF recommande explicitement de consulter plusieurs professionnels avant de vendre.

Demandez systématiquement :

  • le poids retenu ;
  • la pureté du métal ;
  • le prix proposé par gramme ;
  • la valeur éventuelle des pierres ;
  • et le montant net que vous recevrez.

Le professionnel doit vous remettre un contrat écrit mentionnant notamment le poids, la pureté et le prix du bien.

Le paiement en espèces est interdit : il doit être effectué par chèque barré ou virement.

Vous disposez également, pour les opérations concernées, d’un délai de rétractation de 48 heures.

Faut-il vendre maintenant ou attendre encore ?

Personne ne peut savoir si l’or atteindra 5 000, 6 000 dollars ou s’il retombera fortement.

Il ne faut donc pas chercher à vendre exactement au plus haut.

Pour un bijou ayant une forte valeur sentimentale, quelques centaines d’euros supplémentaires ne justifient évidemment pas nécessairement une vente.

Mais pour de l’or cassé, des bijoux inutilisés ou des objets sans valeur particulière autre que leur métal, les cours actuels permettent de cristalliser une hausse exceptionnelle.

Une vente partielle peut également être une solution : vendre les bijoux sans intérêt patrimonial et conserver les pièces familiales ou les objets de valeur.

Ce qu’il faut retenir

L’or vaut aujourd’hui plus de deux fois et demie son niveau de septembre 2021 en euros.

Pour les particuliers possédant des bijoux inutilisés, le contexte est donc particulièrement favorable à une estimation.

Mais trois précautions sont essentielles :

ne jamais confondre le cours de l’or pur avec la valeur réelle du bijou ;

faire expertiser séparément les bijoux anciens, signés ou sertis de pierres ;

et vérifier la fiscalité avant une vente supérieure à 5 000 €.

Avec un marché de l’or à des niveaux historiquement élevés, le bon réflexe n’est donc pas nécessairement de vendre immédiatement.

Le bon réflexe est d’abord de savoir précisément ce que l’on possède.