Publié le 17 May 2026 à 07:30 — Mis à jour le 3 May 2026 à 15:29

Le non-coté arrive dans les contrats grand public

Le private equity n’est plus réservé aux grandes fortunes, aux family offices ou aux investisseurs institutionnels. Depuis quelques années, et plus encore depuis la loi Industrie verte et l’arrivée du cadre ELTIF 2.0, les actifs non cotés entrent progressivement dans les contrats d’assurance-vie, les contrats de capitalisation et les PER. L’objectif affiché est séduisant : permettre aux particuliers de financer l’économie réelle, les PME, les ETI, les infrastructures, la transition énergétique ou les entreprises de croissance, tout en espérant un rendement supérieur aux placements traditionnels.

Sur le papier, l’idée a du sens. Les marchés cotés ne représentent qu’une partie de l’économie. De nombreuses entreprises restent privées pendant longtemps, parfois jusqu’à leur maturité. Le non-coté peut donc offrir une diversification intéressante, différente des actions cotées, des obligations, des fonds euros ou de l’immobilier classique.

Mais la démocratisation du private equity soulève une vraie question patrimoniale : est-ce une opportunité de diversification ou un nouveau piège à frais et à illiquidité pour les épargnants ?

La réponse est nuancée. Le private equity peut avoir une place dans un patrimoine. Mais il ne doit jamais être vendu comme une version plus rentable et à peine plus risquée d’un fonds diversifié classique. C’est un actif long, complexe, peu liquide, cher, difficile à valoriser et parfois très mal compris par les particuliers.

Pourquoi le sujet explose en 2026

Le mouvement n’est pas marginal. L’AMF indiquait dans ses priorités d’action et de supervision 2026 que la France comptait, début décembre 2025, 70 fonds ELTIF, représentant 7,36 milliards d’euros d’actifs nets, dont 46 ELTIF retail pour 4,56 milliards d’euros d’actifs nets. Cette donnée montre que le cadre européen ELTIF 2.0 a bien accéléré l’ouverture du private equity aux épargnants français.

Le décret du 5 juillet 2024 a modernisé l’univers d’investissement de l’assurance-vie, de la capitalisation et des PER en intégrant davantage de véhicules permettant d’investir dans des actifs non cotés. Il a notamment permis l’intégration des fonds européens d’investissement de long terme, les ELTIF, dans ces enveloppes, tout en annonçant un renforcement de la protection des épargnants exposés à certains actifs.

L’arrêté du 1er juillet 2024 a aussi instauré de nouvelles règles de gestion pilotée profilée en assurance-vie. Pour les profils dits équilibrés, au moins 4 % des versements doivent être dirigés vers certaines unités de compte composées notamment de fonds d’investissement ou de titres de sociétés commerciales éligibles ; pour les profils dynamiques, cette part minimale monte à 8 %.

Autrement dit, le private equity n’est plus seulement une option proposée à quelques clients avertis. Il devient progressivement une composante intégrée à certains profils de gestion. C’est précisément ce qui rend le sujet sensible : quand un actif complexe devient grand public, le risque principal n’est pas seulement financier. Il devient pédagogique.

Une promesse très vendeuse : accéder à l’économie réelle

Le discours commercial est puissant. Investir en private equity permettrait de sortir de la Bourse, de soutenir des entreprises non cotées, de financer l’innovation, la croissance, la transition écologique ou les infrastructures, et de viser une performance supérieure sur longue période.

L’argument n’est pas faux. Le private equity joue effectivement un rôle croissant dans le financement de l’économie. L’AMF rappelait déjà dans son étude sur le secteur que les encours mondiaux du private equity avaient plus que doublé en six ans, passant de 2,8 trillions de dollars en 2017 à 7,6 trillions de dollars en 2022. Le régulateur souligne toutefois que cette croissance pose aussi des questions de transparence, de liquidité, de levier, de valorisation et de protection des investisseurs.

C’est tout le paradoxe. Le private equity est à la fois un outil utile de financement et une classe d’actifs difficile. Il finance des entreprises réelles, mais dans des structures parfois opaques. Il peut créer de la valeur, mais aussi utiliser beaucoup de dette. Il peut offrir de beaux rendements, mais ces rendements ne sont ni garantis ni simples à mesurer.

Pour un investisseur professionnel, ces subtilités font partie du jeu. Pour un épargnant qui découvre le non-coté dans son assurance-vie, le risque est de croire qu’il achète une unité de compte comme une autre.

Le grand malentendu : ce n’est pas parce que c’est dans l’assurance-vie que c’est liquide

L’assurance-vie a longtemps été perçue comme une enveloppe souple : on peut verser, arbitrer, effectuer un rachat partiel, transmettre, diversifier. Mais cette souplesse de l’enveloppe ne doit pas être confondue avec la liquidité des supports qu’elle contient.

Un fonds euros est liquide dans des conditions normales. Un ETF actions peut être vendu rapidement. Une unité de compte classique peut généralement être arbitrée. Un fonds de private equity, lui, investit dans des entreprises non cotées, parfois dans des fonds eux-mêmes non cotés, avec des horizons de détention longs. La liquidité n’est donc pas naturelle. Elle est organisée, limitée, parfois suspendue.

C’est pour cette raison que les fonds ouverts de non-coté, notamment certains FCPR evergreen, prévoient des mécanismes de gestion de la liquidité. L’AMF indiquait en novembre 2024 que les mécanismes de plafonnement des rachats, ou “gates”, étaient présents dans l’ensemble des OPCI grand public et des FCPR evergreen étudiés. Ces outils peuvent protéger les porteurs en évitant une vente forcée d’actifs illiquides, mais ils signifient aussi qu’un investisseur peut ne pas récupérer son argent immédiatement.

La phrase à retenir est simple : l’assurance-vie peut être liquide, mais le private equity ne l’est pas forcément.

Les fonds evergreen : une révolution… mais pas une baguette magique

Les fonds evergreen sont au cœur de la démocratisation du private equity. Contrairement aux fonds fermés traditionnels, qui ont une durée de vie déterminée, les fonds evergreen sont conçus comme des véhicules ouverts, sans millésime unique, permettant en principe des souscriptions et des rachats périodiques.

Cette structure est plus adaptée au grand public. Elle évite les appels de fonds complexes, permet d’investir en une fois, donne accès à un portefeuille déjà constitué et s’intègre plus facilement dans une assurance-vie ou un PER.

Mais cette apparente simplicité cache une difficulté majeure : pour permettre des rachats, le fonds doit conserver une poche de liquidité ou organiser des fenêtres de sortie. Or cette liquidité a un coût. Une partie du fonds peut rester investie dans des actifs monétaires ou plus liquides, donc potentiellement moins performants que le cœur du private equity. Et si trop d’investisseurs veulent sortir en même temps, les rachats peuvent être limités.

Le fonds evergreen est donc une innovation utile, mais il ne transforme pas un actif illiquide en livret. Il organise la liquidité. Il ne la garantit pas.

Les frais : le sujet que beaucoup d’épargnants sous-estiment

Le private equity grand public est cher. C’est même l’un des points les plus importants de l’analyse patrimoniale.

L’AMF a publié en janvier 2025 une étude sur les fonds d’actifs financiers non cotés destinés aux clients non professionnels. Elle indique que les FIP et FCPI présentent des frais annuels élevés, respectivement 3,5 % et 3,2 %, tandis que les autres fonds grand public étudiés affichent des frais annuels entre 2,4 % et 2,7 %. L’AMF précise que ces chiffres ne tiennent pas compte des frais supplémentaires liés à la distribution, notamment les frais des contrats d’assurance-vie, qui viennent encore réduire la performance nette pour l’investisseur.

C’est un point brutal mais nécessaire : un fonds qui vise 8 % ou 10 % brut ne donne pas 8 % ou 10 % à l’épargnant. Il faut retirer les frais du fonds, les éventuels frais d’entrée, les frais de gestion du contrat d’assurance-vie ou du PER, parfois des frais de gestion pilotée, et la fiscalité au moment du rachat.

Dans certains montages, l’empilement peut être considérable : frais du fonds sous-jacent, frais du fonds de fonds, frais de l’unité de compte, frais de l’enveloppe, frais du mandat, éventuelle commission de surperformance. L’épargnant doit donc demander une information claire sur les frais totaux, pas seulement sur les frais visibles.

Le vrai rendement n’est jamais le rendement cible. C’est le rendement net, après frais, fiscalité et durée réelle d’immobilisation.

La performance historique des professionnels ne doit pas être vendue aux particuliers

L’un des risques commerciaux est de présenter le private equity au grand public en s’appuyant sur les performances historiques du capital-investissement institutionnel. Le raisonnement est séduisant : les fonds professionnels ont souvent affiché de belles performances sur longue période, donc les particuliers pourraient en profiter à leur tour.

Mais l’AMF appelle explicitement à la prudence. Dans son étude de janvier 2025, elle souligne que les performances des fonds d’actifs financiers non cotés destinés aux particuliers ne peuvent pas être assimilées par défaut à l’historique des performances des fonds professionnels, car leurs caractéristiques sont différentes.

La différence est essentielle. Les investisseurs institutionnels s’engagent souvent dans des fonds fermés avec des appels de capitaux progressifs. Cela permet de ne mobiliser l’argent que lorsque le gérant trouve des opportunités d’investissement. Les particuliers, eux, investissent souvent en une seule fois dans une unité de compte. L’argent peut donc rester partiellement en attente ou être exposé à une valorisation d’entrée qui n’a rien à voir avec celle des fonds historiques.

L’AMF rappelle aussi, dans sa cartographie des risques 2025, que le mode de libération du capital influence la performance : les appels progressifs permettent aux fonds professionnels d’optimiser leur taux de rendement interne, alors que les particuliers investissent généralement en une seule fois.

C’est un point fondamental : le private equity des institutionnels et le private equity grand public ne sont pas exactement le même produit.

Des performances très hétérogènes selon les fonds

L’autre erreur serait de parler du private equity comme d’une classe d’actifs homogène. En réalité, tout dépend de la stratégie : capital-risque, capital-développement, LBO, dette privée, infrastructures, secondaire, fonds de fonds, fonds evergreen, FCPR, ELTIF, FCPI ou FIP.

L’étude de l’AMF montre une très forte dispersion des performances des fonds destinés aux particuliers. Les TRI médians des FIP ressortent à -2,4 %, ceux des FCPI à -1,1 %, tandis que les FCPR ouverts aux rachats ou evergreen affichent une performance médiane de 5 %, avec toutefois un historique encore trop court pour juger leur performance stabilisée à long terme.

Ces chiffres doivent calmer les discours trop enthousiastes. Oui, certains fonds non cotés peuvent créer beaucoup de valeur. Mais non, le private equity grand public n’est pas automatiquement synonyme de rendement élevé.

Le risque est d’autant plus important que la volatilité affichée est souvent faible. Comme les actifs ne sont pas cotés chaque jour sur un marché, leur valorisation évolue plus lentement. Cela peut donner une impression de stabilité. Mais cette stabilité comptable ne signifie pas absence de risque. Elle signifie seulement que le prix n’est pas observable en continu.

La valorisation interne : le risque invisible

Dans les marchés cotés, le prix d’une action est visible chaque jour. Il peut être excessif, irrationnel, volatile, mais il est observable. Dans le non-coté, la valeur d’une participation repose sur des méthodes internes : comparables, multiples, transactions récentes, modèles de flux, hypothèses de croissance, taux d’actualisation, décotes ou primes.

C’est normal. Mais cela crée un risque spécifique : la valorisation peut être moins réactive aux mauvaises nouvelles. Elle peut aussi dépendre fortement des hypothèses retenues par le gérant. Lorsque l’environnement économique se dégrade, certaines valorisations peuvent mettre du temps à s’ajuster.

L’AMF rappelle que la valorisation juste des fonds de finance privée est cruciale, notamment parce que les fonds peuvent être ouverts, que les actifs sous-jacents sont illiquides et que des conflits d’intérêts peuvent exister entre parties prenantes.

Ce sujet est encore plus sensible dans les fonds evergreen. Si des investisseurs entrent ou sortent sur une valeur liquidative, cette valeur doit être crédible. Si elle est trop optimiste, les sortants peuvent être favorisés au détriment des entrants ou des porteurs restants. Si elle est trop prudente, c’est l’inverse. Le calcul de la valeur devient donc un enjeu de justice entre investisseurs.

Le risque de blocage : quand la sortie devient théorique

Le private equity impose un horizon long. Même lorsqu’un fonds propose des rachats périodiques, les conditions de sortie peuvent être strictes : durée minimale de détention, fenêtres trimestrielles ou semestrielles, préavis, plafonds de rachat, pénalités éventuelles, gates, suspension temporaire.

Le Monde rappelait en 2025 que l’intégration du non-coté dans l’assurance-vie ne signifie pas une liquidité automatique : certains supports imposent des périodes de blocage, des pénalités de sortie anticipée, des restrictions sur les rachats partiels ou des durées recommandées de huit à dix ans.

Il ne faut donc pas investir en private equity avec l’argent d’un projet à court terme. Pas l’apport immobilier de l’année prochaine. Pas l’épargne de précaution. Pas le capital nécessaire pour financer les études d’un enfant dans deux ans. Pas une somme dont on peut avoir besoin rapidement.

Le private equity doit être financé avec de l’argent patient. Sinon, l’épargnant risque de découvrir trop tard que le rendement espéré se paie par une vraie perte de liberté.

Assurance-vie et PER : deux enveloppes, deux logiques différentes

Dans l’assurance-vie, le private equity doit être analysé comme une poche de diversification à long terme. Il peut compléter des fonds euros, des fonds obligataires, des actions, des ETF, des SCPI ou d’autres unités de compte. Mais il ne doit pas déséquilibrer l’ensemble du contrat.

Dans un PER, la logique est différente. L’argent est déjà bloqué jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé. Le non-coté peut donc sembler mieux adapté à l’horizon long du produit. Mais cela ne veut pas dire qu’il faut l’accepter sans contrôle. Un PER est souvent destiné à financer un complément de revenus futur. À l’approche de la retraite, trop d’illiquidité ou trop de valorisation incertaine peut devenir problématique.

La loi Industrie verte pousse clairement l’épargne longue vers l’économie réelle. C’est cohérent d’un point de vue macroéconomique. Mais du point de vue de l’épargnant, la question reste individuelle : quel âge a-t-il ? Quel est son horizon ? Quel est son niveau de patrimoine ? Quelle part de son capital est déjà exposée à des actifs risqués ? A-t-il besoin de liquidité ? Comprend-il les frais et les risques ?

Un bon placement public n’est pas forcément un bon placement privé. L’intérêt de l’économie ne doit pas faire oublier l’intérêt de l’épargnant.

Pour quels profils le private equity peut avoir du sens ?

Le private equity peut être pertinent pour un épargnant déjà solide patrimonialement, avec une épargne de précaution constituée, un horizon d’investissement long, une bonne tolérance au risque, une allocation déjà diversifiée et une capacité à immobiliser une partie de son capital pendant plusieurs années.

Il peut aussi avoir du sens pour un investisseur qui souhaite réduire sa dépendance aux marchés cotés, accepter une valorisation moins fréquente, financer des entreprises non cotées, et viser une performance potentiellement supérieure sur longue période.

En revanche, il est beaucoup moins adapté à un épargnant prudent, à un retraité qui aura besoin de revenus réguliers, à un investisseur qui surveille tous les mois la valeur de son contrat, ou à un ménage qui confond assurance-vie et réserve de liquidité.

Le private equity n’est pas un produit de confort psychologique. C’est un placement de conviction, de patience et de diversification.

La part raisonnable dans un patrimoine

Pour la majorité des particuliers, le private equity doit rester une poche limitée. Il n’a pas vocation à remplacer le fonds euros, les livrets, les obligations de qualité ou les actions diversifiées. Il vient en complément.

Dans une allocation patrimoniale équilibrée, une exposition de quelques pourcents peut suffire. Pour un profil dynamique, averti et déjà bien diversifié, la part peut être plus élevée, mais elle doit rester cohérente avec la liquidité globale du patrimoine. Un investisseur déjà fortement exposé à l’immobilier non coté, aux SCPI, à une entreprise familiale ou à des participations professionnelles doit être particulièrement prudent : il est peut-être déjà beaucoup plus exposé au non-coté qu’il ne le croit.

La bonne question n’est pas : “Combien puis-je mettre en private equity ?” La bonne question est : “Combien puis-je immobiliser sans fragiliser mon patrimoine si la sortie prend dix ans ou si la performance est décevante ?”

Ce qu’il faut vérifier avant de souscrire

Avant d’investir, il faut lire le document d’information, pas seulement la plaquette commerciale. Il faut comprendre la stratégie exacte du fonds, la durée recommandée, les conditions de rachat, les gates, les frais totaux, l’existence éventuelle de frais de surperformance, la fréquence de valorisation, la méthode de valorisation, le niveau de diversification, la part de fonds secondaires, de dette privée, d’infrastructures, de capital-risque ou de LBO.

Il faut aussi demander si le fonds investit directement dans des entreprises ou via d’autres fonds. Un fonds de fonds peut diversifier davantage, mais il peut aussi ajouter une couche de frais. Il faut regarder si les performances affichées sont nettes ou brutes de frais, si elles concernent le fonds proposé ou d’autres fonds de la même société, et si l’historique est réellement comparable.

L’AMF insiste sur le fait que le discours commercial des fonds non cotés destinés aux clients non professionnels doit tenir compte de leurs caractéristiques spécifiques : politique d’investissement, appels de capitaux, distributions, frais associés et conditions propres à la part commercialisée.

En clair, un conseiller sérieux ne doit pas vendre le private equity avec une seule phrase du type : “C’est du non-coté, donc c’est plus performant.” Il doit expliquer les contraintes, les frais, l’illiquidité, les scénarios défavorables et le rôle exact du produit dans le patrimoine.

Opportunité ou piège à frais ?

La réponse dépend du produit, du contrat et du profil de l’investisseur.

C’est une opportunité si le fonds est bien sélectionné, si les frais sont maîtrisés, si la stratégie est compréhensible, si la liquidité est cohérente avec l’horizon de l’épargnant, si la part allouée reste raisonnable, et si le private equity complète une allocation déjà solide.

C’est un piège si le produit est vendu comme une solution miracle, si les frais sont empilés, si la sortie est mal expliquée, si la performance historique utilisée dans la vente ne correspond pas au fonds réellement proposé, ou si l’épargnant investit une somme dont il pourrait avoir besoin rapidement.

Le danger n’est pas le private equity en lui-même. Le danger, c’est le private equity mal vendu à des épargnants qui n’en mesurent pas les contraintes.

Conclusion : le non-coté doit rester un outil, pas une mode

Le private equity grand public est l’une des grandes tendances patrimoniales des prochaines années. Les ELTIF, les fonds evergreen, les contrats d’assurance-vie et les PER vont continuer à rendre cette classe d’actifs plus accessible. C’est une évolution importante, et potentiellement positive.

Mais cette démocratisation impose une vigilance maximale. Le non-coté n’est pas magique. Il est moins liquide, plus cher, plus complexe à valoriser et parfois plus difficile à comprendre que les actifs cotés. Il peut améliorer une allocation patrimoniale, mais il peut aussi la rigidifier, la rendre plus opaque et réduire fortement le rendement net si les frais sont trop élevés.

Le private equity dans l’assurance-vie peut donc être une bonne idée. Mais uniquement si l’épargnant sait ce qu’il achète, pourquoi il l’achète, combien cela coûte, combien de temps son argent peut rester bloqué et quelle perte il peut supporter.

En patrimoine, la sophistication n’est pas une qualité en soi. Un bon produit est un produit utile, compréhensible, bien dosé et adapté au client. Le private equity peut remplir ce rôle. Mais s’il devient une simple mode commerciale, il risque surtout de devenir le nouveau piège haut de gamme de l’épargne française.