Le marché obligataire français traverse une zone de turbulences inédite depuis plus de 16 ans. Alors que les investisseurs scrutent l’évolution des rendements souverains en Europe, les obligations d’État françaises (OAT) connaissent une tension marquée, alimentée à la fois par les incertitudes politiques et par les inquiétudes liées aux finances publiques.
Des taux au plus haut depuis 2009
Mardi, le rendement de l’OAT à 30 ans a grimpé de 6,5 points de base pour atteindre 4,509 %, un niveau jamais observé depuis juin 2009. Dans le même temps, l’OAT à 10 ans progressait de 6,2 points de base à 3,597 %.
Cet écart de taux se reflète également dans le spread OAT-Bund (différence entre l’obligation française à 10 ans et son équivalent allemand), qui dépasse désormais les 80 points de base. Un signal préoccupant, car cet indicateur est souvent utilisé par les investisseurs internationaux pour mesurer la confiance dans la dette française par rapport à l’Allemagne.
Une situation politique sous tension
La hausse des rendements ne s’explique pas seulement par les marchés. L’incertitude politique pèse lourdement. Le Premier ministre François Bayrou tente actuellement de rallier une majorité pour éviter un renversement du gouvernement, alors qu’un vote de confiance crucial est prévu le 8 septembre.
Selon Sylvain Bersinger, économiste et fondateur du cabinet Bersingéco, « les finances publiques françaises sont déjà très dégradées, et l’absence de visibilité politique incite les investisseurs à exiger une prime de risque plus élevée ». Il ajoute que même en cas de changement de gouvernement, les défis budgétaires resteraient identiques.
Le spectre d’une dégradation par Fitch
À cette fragilité s’ajoute une échéance clé : la décision de Fitch Ratings, attendue le 12 septembre. L’agence doit se prononcer sur la note souveraine de la France, actuellement AA- sous perspective négative.
Une dégradation vers la note A serait perçue comme un signal négatif fort.
Conséquence probable : une hausse supplémentaire des taux d’intérêt exigés par les marchés pour financer la dette publique française.
La banque Nomura estime même qu’un spread OAT-Bund supérieur à 100 points de base pourrait déclencher une perte majeure de confiance des investisseurs internationaux.
| Agences | Notation | Perspective | Dernière décision | Date prévisionnelle de la prochaine décision |
|---|---|---|---|---|
| DBRS | AA (high) | Négative | 21 mars 2025 | 19 septembre 2025 |
| Fitch | AA- | Négative | 14 mars 2025 | 12 septembre 2025 |
| Moody’s | Aa3 | Stable | 11 avril 2025 | 24 octobre 2025 |
| Standard & Poor’s | AA- | Négative | 30 mai 2025 | 28 novembre 2025 |
| Scope | AA- | Stable | 4 avril 2025 | 26 septembre 2025 |
| KBRA | AA | Négative | 13 juin 2024 | 12 décembre 2025 |
| R&I | AAA | Stable | 17 mars 2025 | – |
| JCR | AAA | Stable | 31 janvier 2025 | – |
| Credit Reform | AA | Négative | 15 avril 2024 | – |
Quelles perspectives pour les investisseurs ?
Malgré l’inquiétude ambiante, les agences de notation procèdent généralement à des ajustements graduels. Si une dégradation de la note française semble probable à moyen terme, le processus pourrait être progressif.
Pour les investisseurs, cela signifie :
une volatilité accrue sur le marché obligataire français,
des opportunités pour ceux qui anticipent une stabilisation des taux,
mais aussi un risque politique et budgétaire à surveiller de près.
En résumé
Le marché obligataire français traverse une période critique, marquée par un retour des taux à des niveaux jamais vus depuis 2009. Entre incertitude politique, fragilité budgétaire et menace d’une dégradation de la note souveraine, la vigilance est de mise pour les épargnants et les investisseurs.
Le Conseil Patrimoine continuera à suivre de près l’évolution du spread OAT-Bund, les décisions des agences de notation et leur impact potentiel sur les placements obligataires et les stratégies patrimoniales.

De pire en pire… J’espère que cela n’arrivera pas… Depuis des années nous ne faisons que chuter ! Jusqu’où ????