Publié le 26 July 2026 à 19:00 — Mis à jour le 21 July 2026 à 22:40

 

Quel salaire faut-il pour emprunter 70 000, 75 000 ou 80 000 euros en 2026 ?

Emprunter 70 000, 75 000 ou 80 000 euros peut permettre de financer un appartement dans certaines villes, une maison en zone rurale, des travaux importants ou une partie d’un projet immobilier plus conséquent.

Mais quel salaire faut-il réellement percevoir pour obtenir un tel crédit en 2026 ?

La réponse dépend principalement de la durée du prêt, du taux obtenu, du coût de l’assurance emprunteur et des éventuels crédits déjà en cours. À montant identique, un emprunt sur 15 ans exige des revenus nettement plus élevés qu’un financement étalé sur 20 ou 25 ans.

Quel salaire faut-il pour emprunter entre 70 000 et 80 000 euros ?

En prenant comme référence les taux moyens constatés en juin 2026, il faut approximativement disposer des revenus nets mensuels suivants :

Montant emprunté Sur 15 ans Sur 20 ans Sur 25 ans
70 000 € 1 445 € 1 185 € 1 030 €
75 000 € 1 545 € 1 265 € 1 105 €
80 000 € 1 650 € 1 350 € 1 180 €

Ces estimations correspondent aux revenus nets mensuels avant impôt du foyer, avec les hypothèses suivantes :

  • taux moyen de 3,12 % sur 15 ans ;
  • taux moyen de 3,22 % sur 20 ans ;
  • taux moyen de 3,30 % sur 25 ans ;
  • assurance emprunteur estimée à 0,30 % du capital initial par an ;
  • taux d’effort maximal de 35 % ;
  • aucun autre crédit en cours.

En juin 2026, le taux immobilier moyen atteignait 3,26 %, toutes durées confondues. Les moyennes s’établissaient à 3,12 % sur 15 ans, 3,22 % sur 20 ans et 3,30 % sur 25 ans.

Ces résultats restent indicatifs. Le taux proposé, le coût de l’assurance, l’âge des emprunteurs et les autres charges peuvent sensiblement modifier la capacité d’emprunt.

Mensualités pour emprunter 70 000 euros

Pour un prêt immobilier de 70 000 euros, les mensualités seraient approximativement les suivantes :

Durée Taux utilisé Mensualité hors assurance Mensualité avec assurance Revenu minimum
15 ans 3,12 % 487 € 505 € 1 445 €
20 ans 3,22 % 396 € 413 € 1 185 €
25 ans 3,30 % 343 € 360 € 1 030 €

Allonger la durée de 15 à 25 ans réduit la mensualité d’environ 145 euros. En contrepartie, le coût total des intérêts augmente fortement.

Sur la base de ces taux, les intérêts représenteraient environ 17 740 euros sur 15 ans, contre près de 32 890 euros sur 25 ans, hors assurance et frais annexes.

Mensualités pour emprunter 75 000 euros

Pour emprunter 75 000 euros :

Durée Taux utilisé Mensualité hors assurance Mensualité avec assurance Revenu minimum
15 ans 3,12 % 522 € 541 € 1 545 €
20 ans 3,22 % 424 € 443 € 1 265 €
25 ans 3,30 % 367 € 386 € 1 105 €

Un foyer percevant 1 600 euros nets mensuels avant impôt pourrait théoriquement emprunter 75 000 euros sur 15 ans, à condition de ne pas avoir d’autre dette et de présenter un dossier suffisamment solide.

Le respect du taux d’effort ne garantit toutefois pas l’obtention du crédit. La banque reste libre d’accepter ou de refuser le financement après analyse complète du dossier.

Mensualités pour emprunter 80 000 euros

Pour un crédit immobilier de 80 000 euros :

Durée Taux utilisé Mensualité hors assurance Mensualité avec assurance Revenu minimum
15 ans 3,12 % 557 € 577 € 1 650 €
20 ans 3,22 % 453 € 473 € 1 350 €
25 ans 3,30 % 392 € 412 € 1 180 €

Pour emprunter 80 000 euros sur 20 ans, il faut donc théoriquement percevoir environ 1 350 euros nets mensuels avant impôt.

Dans la pratique, un revenu plus élevé peut être demandé si le foyer supporte un loyer résiduel, une pension alimentaire, des crédits à la consommation ou des dépenses importantes.

Le taux d’endettement maximal n’est plus de 33 %

L’ancienne règle des 33 % est dépassée. Le cadre fixé par le Haut Conseil de stabilité financière retient désormais un taux d’effort maximal de 35 %.

Ce taux correspond au rapport entre :

  • les mensualités de tous les emprunts ;
  • le coût de l’assurance emprunteur ;
  • et les revenus nets avant impôt du foyer.

La durée d’un crédit immobilier est normalement limitée à 25 ans. Un différé supplémentaire pouvant aller jusqu’à deux ans est possible dans certaines opérations, notamment lorsque l’entrée dans le logement est décalée par des travaux ou une construction.

Les banques peuvent déroger à ces critères pour une partie limitée de leur production. Cette marge de flexibilité représente au maximum 20 % des nouveaux crédits accordés chaque trimestre. Elle est principalement réservée à l’acquisition d’une résidence principale et aux primo-accédants.

Un emprunteur dépassant légèrement 35 % ne dispose donc d’aucun droit automatique à obtenir un crédit.

Comment calculer le salaire nécessaire ?

La formule simplifiée est la suivante :

Revenu mensuel minimum = total des mensualités de crédit ÷ 35 %

Avec une mensualité immobilière assurance comprise de 500 euros :

500 ÷ 0,35 = 1 429 euros

Le foyer doit donc percevoir au minimum environ 1 430 euros par mois.

Cependant, il faut ajouter tous les autres emprunts.

Exemple avec un crédit automobile

Un emprunteur souhaite obtenir un prêt immobilier dont la mensualité atteint 500 euros. Il rembourse également un crédit automobile de 200 euros par mois.

Le calcul devient :

(500 + 200) ÷ 0,35 = 2 000 euros

Il lui faut donc environ 2 000 euros de revenus mensuels pour rester à 35 % d’endettement.

Le salaire ne suffit pas à obtenir un crédit

Le taux d’endettement constitue un premier filtre, mais la banque analyse également la qualité globale du dossier.

Le reste à vivre

Le reste à vivre représente l’argent disponible après le paiement des mensualités de crédit et des charges fixes.

Deux ménages présentant un taux d’effort identique peuvent être traités différemment. Un couple gagnant 4 000 euros par mois avec deux enfants ne dispose pas de la même marge financière qu’une personne seule percevant le même revenu.

Le taux de 35 % est donc un plafond réglementaire, pas un critère d’acceptation suffisant.

La stabilité des revenus

Un contrat à durée indéterminée facilite généralement l’analyse du dossier, mais il n’est pas indispensable.

Les travailleurs indépendants, chefs d’entreprise, professions libérales, intérimaires ou salariés en CDD peuvent également emprunter. La banque cherchera surtout à vérifier la régularité et la pérennité des revenus, souvent sur plusieurs années.

La tenue des comptes

Les établissements examinent généralement les derniers relevés bancaires. Les découverts répétés, rejets de prélèvement, dépenses excessives ou recours fréquent aux crédits renouvelables peuvent fragiliser le dossier.

À l’inverse, une capacité d’épargne régulière rassure la banque sur la capacité du foyer à gérer une future mensualité.

Le saut de charge

Le saut de charge correspond à la différence entre la dépense actuelle de logement et la future mensualité du crédit.

Un locataire qui verse déjà 600 euros de loyer et sollicite un emprunt avec une mensualité de 500 euros présente un saut de charge favorable.

Un emprunteur hébergé gratuitement qui doit soudainement supporter 500 euros de mensualité devra davantage démontrer sa capacité à absorber cette nouvelle dépense.

Faut-il obligatoirement disposer d’un apport personnel ?

Aucun texte n’impose un apport personnel minimum pour obtenir un prêt immobilier. Une banque peut donc théoriquement financer la totalité du prix du bien, voire certains frais annexes.

Dans la pratique, un apport est souvent demandé pour couvrir au moins :

  • les frais d’acquisition ;
  • les frais de garantie ;
  • les frais de dossier ;
  • les éventuels frais de courtage.

La banque peut également exiger une hypothèque ou une caution destinée à garantir le remboursement du crédit.

L’apport ne réduit pas seulement le risque pris par la banque. Il diminue aussi le montant à emprunter, la mensualité et le coût total des intérêts.

Il est toutefois déconseillé d’investir toute son épargne dans l’acquisition. Conserver une épargne de précaution permet de faire face aux travaux, aux charges de copropriété, à la taxe foncière ou à une baisse temporaire des revenus.

Le PTZ peut-il réduire le salaire nécessaire ?

Le prêt à taux zéro peut compléter un prêt immobilier classique, mais il ne peut pas financer seul l’intégralité du projet.

Depuis avril 2025, le PTZ destiné à l’achat d’un logement neuf est accessible sur l’ensemble du territoire français, sous conditions de ressources. Il concerne aussi bien les appartements que les maisons individuelles.

Pour une acquisition classique, il peut représenter :

  • entre 10 et 30 % du coût de l’opération pour une maison neuve ;
  • entre 20 et 50 % pour un appartement neuf.

Cette extension reste prévue jusqu’au 31 décembre 2027.

Dans l’ancien, le PTZ demeure notamment accessible dans les zones B2 et C lorsque l’opération comprend un volume suffisant de travaux.

Le PTZ réduit le coût des intérêts, mais ses remboursements doivent être intégrés au calcul du taux d’effort. Selon les revenus du foyer, son remboursement peut toutefois être différé pendant plusieurs années.

Le contexte du crédit immobilier en 2026

Le marché du crédit s’est nettement redressé en 2025, mais cette reprise s’est stabilisée au début de l’année 2026.

En mai 2026, le taux moyen des nouveaux crédits à l’habitat atteignait 3,21 % hors frais et assurance. La Banque de France constatait également que la durée moyenne d’un nouveau prêt destiné à l’acquisition d’une résidence principale atteignait 23 ans et 5 mois, et même 23 ans et 11 mois pour les primo-accédants.

L’Observatoire Crédit Logement relevait pour sa part une durée moyenne de 251 mois au deuxième trimestre 2026, soit près de 21 ans. Les banques utilisent donc toujours des durées élevées afin de limiter les mensualités et de préserver la capacité d’emprunt des ménages.

L’accès au crédit n’est pas fermé : en avril 2026, près de 45 % de la production de nouveaux crédits immobiliers concernait des primo-accédants. Les taux ont toutefois légèrement remonté depuis le début de l’année, ce qui réduit marginalement le pouvoir d’achat immobilier.

Comment améliorer sa capacité d’emprunt ?

Plusieurs actions peuvent renforcer un dossier avant de demander un crédit :

  1. Rembourser les petits crédits en cours. Une mensualité de crédit à la consommation réduit directement la capacité d’emprunt immobilier.
  2. Éviter les découverts. Une gestion bancaire propre pendant les mois précédant la demande est particulièrement importante.
  3. Constituer un apport. Même modeste, il démontre une capacité d’épargne et réduit le risque supporté par la banque.
  4. Comparer plusieurs banques. Les taux, les assurances et les critères d’acceptation varient selon les établissements.
  5. Négocier l’assurance emprunteur. Sur un petit emprunt, son coût mensuel reste limité, mais il entre intégralement dans le taux d’effort.
  6. Adapter la durée du crédit. Passer de 15 à 20 ans peut réduire fortement la mensualité, mais augmente le coût total du financement.
  7. Conserver une épargne de précaution. Un dossier est généralement plus rassurant lorsque l’emprunteur ne consomme pas toute son épargne pour financer l’achat.

Faut-il emprunter sur 15, 20 ou 25 ans ?

Une durée courte permet de payer moins d’intérêts, mais impose une mensualité plus élevée.

Pour un crédit de 80 000 euros :

  • sur 15 ans, la mensualité atteint environ 577 euros avec assurance ;
  • sur 20 ans, elle descend à environ 473 euros ;
  • sur 25 ans, elle revient à environ 412 euros.

Entre 15 et 25 ans, le gain de capacité budgétaire atteint donc environ 165 euros par mois. Mais le montant des intérêts passe approximativement de 20 280 euros à 37 590 euros, hors assurance.

La durée idéale dépend ainsi de l’équilibre recherché entre trois éléments :

  • une mensualité supportable ;
  • un coût total maîtrisé ;
  • un reste à vivre suffisant.

Conclusion : combien faut-il gagner pour emprunter entre 70 000 et 80 000 euros ?

En 2026, une personne ou un foyer sans autre crédit doit approximativement percevoir :

  • entre 1 030 et 1 445 euros par mois pour emprunter 70 000 euros ;
  • entre 1 105 et 1 545 euros pour emprunter 75 000 euros ;
  • entre 1 180 et 1 650 euros pour emprunter 80 000 euros.

La fourchette dépend principalement de la durée retenue, de 15 à 25 ans.

Ces montants constituent uniquement des seuils mathématiques fondés sur un taux d’effort de 35 %. La décision finale dépendra également du reste à vivre, de la stabilité des revenus, de l’apport, de la gestion des comptes et de la qualité générale du projet immobilier.

Respecter le taux d’endettement ne garantit donc pas l’obtention du prêt. Cela signifie seulement que le dossier respecte l’un des principaux critères réglementaires examinés par les banques.