Publié le 11 August 2026 à 07:30 — Mis à jour le 9 August 2026 à 11:35

Investir dans une forêt sans avoir à acheter et gérer soi-même plusieurs hectares : c’est le principe des groupements forestiers. Ce placement atypique attire notamment pour sa diversification patrimoniale et ses avantages fiscaux. En 2026, le dispositif est même plus intéressant que ne le laisse penser l’ancienne réduction de 18 % souvent mise en avant : sous certaines conditions, le dispositif DEFI Forêt permet de bénéficier d’un crédit d’impôt de 25 %. Mais la fiscalité ne doit pas faire oublier un rendement généralement modéré et une liquidité limitée.

Comment fonctionne un groupement forestier ?

Un groupement forestier détient et exploite un patrimoine composé principalement de bois et de forêts. L’investisseur n’achète donc pas directement une parcelle : il acquiert des parts du groupement.

Les revenus peuvent notamment provenir de la vente de bois et, selon les propriétés détenues, de différents droits ou activités annexes. La valeur des parts peut également évoluer avec celle du patrimoine forestier.

Les Groupements Forestiers d’Investissement (GFI) permettent plus particulièrement de proposer des parts au public dans un cadre réglementé. Ils peuvent détenir plusieurs forêts, régions et essences, ce qui permet de répartir une partie des risques.

Il ne faut toutefois pas les considérer comme des placements à revenu régulier. Les coupes de bois interviennent sur des cycles longs et les revenus distribués peuvent varier fortement d’une année à l’autre.

En 2026, le crédit d’impôt forestier atteint 25 %

C’est la principale correction à apporter aux anciennes présentations de ce placement.

Le dispositif DEFI Forêt prévu par l’article 200 quindecies du Code général des impôts permet, sous certaines conditions, de bénéficier d’un crédit d’impôt égal à 25 % des sommes éligibles. Le dispositif s’applique aux opérations forestières réalisées jusqu’au 31 décembre 2027.

Pour l’acquisition ou la souscription de parts de groupements forestiers éligibles, les dépenses sont retenues dans une limite annuelle de :

  • 6 250 euros pour une personne seule ;
  • 12 500 euros pour un couple soumis à imposition commune.

Le crédit d’impôt peut donc atteindre théoriquement 1 562,50 euros pour une personne seule et 3 125 euros pour un couple, lorsque l’intégralité de la dépense est éligible.

Autre particularité intéressante : il s’agit bien d’un crédit d’impôt. Lorsque son montant excède l’impôt dû, l’excédent peut être restitué au contribuable.

Attention cependant : tous les produits commercialisés sous l’appellation forestière ne donnent pas automatiquement droit au même avantage fiscal. Il faut vérifier précisément le régime applicable au groupement et à la souscription concernée.

Une contrepartie importante : conserver ses parts longtemps

L’avantage fiscal n’est évidemment pas accordé sans conditions.

Pour les parts de groupements forestiers relevant du dispositif, le contribuable doit notamment s’engager à conserver ses parts jusqu’au 31 décembre de la huitième année suivant celle de la souscription ou de l’acquisition. Le groupement doit de son côté respecter des engagements de gestion durable de ses forêts.

Il s’agit donc clairement d’un investissement de long terme.

Cette contrainte est d’autant plus importante que les parts de groupements forestiers ne disposent pas de la liquidité d’une action ou d’un ETF. La revente peut nécessiter de trouver un acquéreur et prendre du temps.

Une somme investie dans un GFI doit donc être considérée comme de l’argent dont l’épargnant n’aura vraisemblablement pas besoin à court ou moyen terme.

IFI et succession : deux autres intérêts patrimoniaux

L’intérêt du placement forestier ne se limite pas à l’impôt sur le revenu.

En matière d’IFI, les bois, forêts et parts de groupements forestiers peuvent, lorsque les conditions sont remplies, bénéficier d’une exonération à hauteur de 75 % de leur valeur. L’administration fiscale précise elle-même ce traitement particulier des actifs forestiers.

La forêt dispose également d’un régime favorable en matière de transmission.

Pour les donations et successions, les parts de groupements forestiers peuvent bénéficier d’une exonération de droits à hauteur des trois quarts de la fraction de leur valeur correspondant aux actifs forestiers éligibles, moyennant notamment le respect d’engagements de gestion. Certaines parts acquises à titre onéreux doivent par ailleurs avoir été détenues depuis plus de deux ans.

Pour un patrimoine important, cet aspect successoral peut finalement être plus déterminant que le crédit d’impôt obtenu lors de l’investissement.

Un placement qui ne doit pas être choisi uniquement pour défiscaliser

La fiscalité est séduisante, mais elle ne transforme pas la forêt en placement sans risque.

Le capital n’est pas garanti. La valeur des forêts dépend de leur emplacement, de la qualité des peuplements, des essences, de l’âge des arbres et des conditions du marché du bois.

Les risques climatiques sont également très concrets : incendies, tempêtes, sécheresses, maladies ou parasites peuvent affecter un massif pendant plusieurs années.

Enfin, la forêt n’est pas réputée pour offrir des rendements spectaculaires. Il faut davantage la considérer comme un actif réel de diversification de long terme, dont la performance résulte à la fois des revenus forestiers et de l’évolution de la valeur des terres.

À titre indicatif, le prix moyen des forêts françaises s’établissait à 4 850 euros par hectare en 2024, en hausse de 2,2 % sur un an selon la Safer. Mais les écarts sont considérables selon les régions et la qualité des massifs.

Ce qu’il faut retenir

Les groupements forestiers restent un placement patrimonial original en 2026. Leur intérêt repose moins sur la recherche d’un rendement élevé que sur la combinaison de plusieurs caractéristiques : diversification, actif tangible, horizon de long terme et fiscalité particulière. Le dispositif DEFI Forêt peut notamment offrir un crédit d’impôt de 25 %, sous conditions, jusqu’à fin 2027. Mais l’avantage fiscal ne doit jamais être le seul critère de décision : durée de détention, frais, qualité des forêts, stratégie de gestion, risques climatiques et possibilités de revente doivent être analysés avant toute souscription.