Publié le 29 septembre 2026 à 07:30 — Mis à jour le 20 septembre 2026 à 11:32

Après plusieurs baisses successives, le taux du Livret A pourrait connaître une nouvelle hausse le 1er février 2027.

Fixé à 1,5 % en février 2026, il est déjà remonté à 1,7 % depuis le 1er août 2026. Mais la remontée récente de l’inflation et des taux d’intérêt à court terme pourrait désormais pousser sa rémunération au-delà de 2 % lors de la prochaine révision.

Certaines estimations évoquent même actuellement un taux proche de 2,4 %.

Rien n’est toutefois encore définitivement acquis.

Pourquoi le Livret A est-il actuellement à 1,7 % ?

Le taux du Livret A n’est pas fixé arbitrairement.

Deux fois par an, la Banque de France applique une formule reposant principalement sur deux données :

  • la moyenne semestrielle de l’inflation hors tabac ;
  • la moyenne semestrielle de l’€STR, le taux de référence des opérations à court terme en euros.

Pour la révision d’août 2026, l’inflation hors tabac moyenne du premier semestre atteignait 1,52 %, tandis que l’€STR moyen s’établissait à 1,95 %.

L’application de la formule a conduit à un taux de 1,7 %, contre 1,5 % auparavant.

Le même calcul sera effectué début 2027 en utilisant cette fois les données du second semestre 2026.

Pourquoi une nouvelle hausse se profile-t-elle ?

Depuis l’été, l’environnement économique a changé.

En août 2026, les prix à la consommation ont progressé de 2,4 % sur un an en France, contre 2,1 % en juillet. Cette accélération provient notamment de l’énergie, dont les prix ont augmenté de 16,7 % sur un an.

Dans le même temps, l’€STR est lui aussi remonté. Le 14 septembre 2026, il atteignait 2,19 %, contre une moyenne de 1,95 % au premier semestre.

Or ce sont précisément ces deux indicateurs qui déterminent la rémunération théorique du Livret A.

Si l’inflation et les taux courts restent proches de leurs niveaux actuels pendant les derniers mois de 2026, le résultat de la formule sera mécaniquement supérieur aux 1,7 % actuellement servis.

Un Livret A autour de 2,4 % en février 2027 ?

Il est encore trop tôt pour connaître précisément le futur taux.

Les calculs publiés en septembre estiment néanmoins qu’une application stricte de la formule pourrait conduire à une rémunération située autour de 2,3 % à 2,4 %, voire légèrement davantage selon l’évolution des derniers mois de l’année.

Cette estimation dépend principalement de deux inconnues : l’évolution de l’inflation entre septembre et décembre et celle des taux à court terme.

La Banque de France prévoit actuellement une inflation moyenne de 2,3 % en France en 2026, avant un retour vers 1,9 % en 2027.

Une hausse du Livret A en février apparaît donc aujourd’hui comme un scénario crédible, mais annoncer dès maintenant un taux définitif de 2,4 % ou 2,5 % serait prématuré.

Combien rapporterait un Livret A à 2,4 % ?

Pour l’épargnant, quelques dixièmes de point supplémentaires peuvent représenter une différence sensible.

Avec 10 000 € placés pendant une année entière :

  • à 1,7 %, les intérêts représentent environ 170 € ;
  • à 2,0 %, ils atteindraient 200 € ;
  • à 2,4 %, ils représenteraient environ 240 €.

Pour un Livret A rempli jusqu’au plafond réglementaire de 22 950 €, un taux de 2,4 % représenterait théoriquement environ 551 € d’intérêts sur une année complète, contre environ 390 € à 1,7 %.

Ces calculs sont indicatifs : les intérêts du Livret A sont calculés par quinzaine et le taux pourrait naturellement évoluer de nouveau en cours d’année.

Le Livret A redeviendrait-il vraiment attractif ?

Une hausse au-dessus de 2 % améliorerait naturellement son rendement, mais le Livret A doit être comparé à d’autres placements selon leur fiscalité et leur disponibilité.

Son principal avantage reste intact : les intérêts sont totalement exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, et l’argent reste disponible à tout moment.

Un Livret A à 2,4 % net d’impôt équivaut ainsi, pour un placement soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 %, à un rendement brut d’environ 3,43 %.

Pour l’épargne de précaution, cette caractéristique reste donc particulièrement intéressante.

En revanche, le Livret A n’a pas vocation à accueillir toute l’épargne d’un ménage. Pour un horizon de plusieurs années, assurance-vie, PEA ou autres placements peuvent répondre à des objectifs différents et offrir un potentiel de rendement supérieur en contrepartie d’un niveau de risque éventuellement plus important.

Et le LDDS et le LEP ?

Une variation du Livret A entraînerait également des conséquences sur les autres produits d’épargne réglementée.

Le LDDS possède exactement le même taux que le Livret A : il suivrait donc automatiquement son évolution.

Le LEP bénéficie actuellement d’un taux de 2,5 %, maintenu volontairement au-dessus du résultat de sa formule lors de la révision d’août 2026. Plus de 12 millions de Français en détiennent désormais un.

Si le Livret A remontait fortement, la rémunération du LEP devrait elle aussi être réexaminée début 2027.

Ce qu’il faut retenir

Le taux du Livret A est actuellement de 1,7 % depuis le 1er août 2026.

La hausse récente de l’inflation et des taux d’intérêt à court terme rend aujourd’hui probable une nouvelle augmentation au 1er février 2027 si les tendances actuelles se poursuivent.

Les premières estimations situent le futur taux aux alentours de 2,3 % à 2,5 %, mais il faudra attendre les chiffres définitifs du second semestre 2026 puis la recommandation de la Banque de France en janvier pour connaître le niveau exact.

Pour les épargnants, le mouvement est néanmoins intéressant : après être passé de 3 % à 2,4 %, puis 1,7 % et 1,5 %, le Livret A a désormais entamé une remontée qui pourrait lui permettre de retrouver une rémunération supérieure à 2 % dès le début de 2027.