Publié le 29 septembre 2026 à 17:30 — Mis à jour le 20 septembre 2026 à 11:35

BASF vient de franchir une nouvelle étape importante dans son projet d’introduction en Bourse de BASF Agricultural Solutions, sa division spécialisée dans la protection des cultures, les semences et les solutions agricoles.

Le géant allemand de la chimie a officiellement mandaté Citi, Deutsche Bank, Goldman Sachs et J.P. Morgan pour coordonner la préparation de l’opération. L’objectif est d’être prêt pour une éventuelle IPO d’ici mi-2027, avec une cotation envisagée à la Bourse de Francfort.

Mais contrairement à ce que pourrait laisser penser l’annonce, l’introduction en Bourse n’est pas encore définitivement décidée.

BASF Agricultural Solutions : une activité de près de 10 milliards d’euros

La division concernée est loin d’être marginale.

En 2025, BASF Agricultural Solutions a réalisé environ 9,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires et consacré près de 990 millions d’euros à la recherche et au développement.

Son activité repose sur plusieurs métiers complémentaires :

  • produits de protection des cultures ;
  • semences ;
  • caractéristiques génétiques des plantes ;
  • solutions biologiques ;
  • outils numériques destinés aux agriculteurs.

La future société cotée se positionnerait ainsi directement face à de grands acteurs mondiaux tels que Bayer, Corteva ou Syngenta.

Pourquoi BASF veut-il introduire cette activité en Bourse ?

Le projet s’inscrit dans la stratégie « Winning Ways » lancée par BASF sous la direction de Markus Kamieth.

Le groupe souhaite donner davantage d’autonomie à plusieurs activités présentant des caractéristiques très différentes de son cœur de métier chimique.

Agricultural Solutions fonctionne par exemple avec ses propres cycles d’innovation, ses contraintes réglementaires spécifiques et une forte dépendance aux conditions agricoles mondiales.

BASF estime qu’en transformant cette division en entreprise agricole indépendante cotée en Bourse, le marché pourra mieux valoriser ses performances et son potentiel de croissance.

Autrement dit, l’objectif n’est pas seulement financier. BASF cherche également à rendre plus visible une activité qui peut aujourd’hui être partiellement noyée dans la valorisation globale du groupe chimique.

BASF restera actionnaire majoritaire

C’est un point essentiel pour comprendre l’opération.

BASF ne prévoit pas, à ce stade, de se séparer totalement de sa division agricole.

Le groupe a indiqué vouloir introduire en Bourse une participation minoritaire et conserver le contrôle de l’entreprise après l’IPO.

Agricultural Solutions doit être regroupée dans une société européenne indépendante, constituée sous la forme d’une Societas Europaea (SE), avec son propre directoire et son propre conseil de surveillance.

Depuis le 1er mai 2026, une équipe dirigeante spécifique pilote déjà l’activité afin de préparer cette future autonomie.

BASF resterait donc exposé à la croissance de l’entreprise tout en permettant à des investisseurs extérieurs d’en devenir actionnaires.

L’IPO pourrait-elle révéler une valeur cachée chez BASF ?

C’est probablement l’un des enjeux les plus intéressants pour les actionnaires.

Lorsqu’un conglomérat possède plusieurs activités très différentes, les investisseurs peuvent appliquer ce que l’on appelle une décote de conglomérat : la somme des différentes activités peut théoriquement valoir davantage que la capitalisation boursière du groupe dans son ensemble.

En donnant à Agricultural Solutions sa propre valorisation boursière, BASF espère donc rendre plus visible la valeur de cette activité.

Mais la réussite dépendra évidemment du prix auquel les investisseurs accepteront de valoriser la future société.

À ce stade, aucune valorisation officielle ni taille d’IPO n’a été annoncée.

Un secteur attractif, mais pas sans risques

L’agriculture reste un marché stratégique à long terme.

La croissance de la population mondiale, l’évolution des rendements agricoles et l’adaptation au changement climatique imposent de développer de nouvelles solutions pour produire davantage tout en réduisant les impacts environnementaux.

Mais le secteur est également très réglementé.

Les pesticides, produits phytosanitaires et semences sont soumis à des autorisations qui peuvent évoluer fortement selon les pays. Certaines molécules peuvent être interdites ou soumises à des restrictions, tandis que le développement d’un nouveau produit nécessite souvent plusieurs années de recherche.

La division dépend également des prix agricoles, des conditions météorologiques, des surfaces cultivées et de la capacité financière des exploitants.

L’investisseur devra donc regarder au-delà du simple discours autour de la croissance de l’agriculture durable.

Pourquoi quatre grandes banques ont-elles été mandatées ?

La nomination de Citi, Deutsche Bank, Goldman Sachs et J.P. Morgan constitue une étape significative.

Ces banques agiront comme coordinateurs mondiaux de l’éventuelle opération et accompagneront BASF dans la préparation de la structure financière, les discussions avec les investisseurs et la future mise sur le marché.

Cette annonce montre que BASF passe désormais d’un projet stratégique à une préparation opérationnelle beaucoup plus concrète.

Elle ne garantit cependant pas que l’IPO aura nécessairement lieu en 2027.

BASF précise lui-même qu’aucune décision définitive n’a encore été prise concernant l’exécution ou le calendrier exact de l’introduction en Bourse.

Ce qu’il faut retenir

BASF avance rapidement dans son projet d’introduction en Bourse de Agricultural Solutions, sa division agricole réalisant environ 9,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Le groupe vient de choisir Citi, Deutsche Bank, Goldman Sachs et J.P. Morgan pour préparer l’opération, avec pour objectif d’être prêt d’ici mi-2027 et une cotation envisagée à Francfort.

BASF prévoit de ne placer qu’une participation minoritaire et de rester actionnaire majoritaire de la future société.

Pour les investisseurs, le principal enjeu sera désormais la valorisation retenue lors de l’IPO. Une valorisation élevée pourrait mettre en lumière une partie de la valeur aujourd’hui intégrée dans BASF, tandis qu’une demande insuffisante pourrait au contraire conduire le groupe à reporter ou modifier son projet.

L’IPO est donc désormais sérieusement préparée, mais elle n’est pas encore définitivement lancée.