Publié le 26 octobre 2026 à 17:30 — Mis à jour le 25 octobre 2026 à 17:07

Après plusieurs années de correction, le marché immobilier parisien montre des signes de stabilisation. À fin juillet 2026, le prix des appartements anciens s’établit à 9 550 €/m², contre 10 700 €/m² cinq ans auparavant. Malgré cette baisse d’environ 10,7 %, les dernières données notariales font état d’une reprise progressive des transactions.

Une correction importante depuis les sommets de 2020

Le marché immobilier parisien a connu un changement de cycle après plusieurs années de hausse des prix.

Selon les Notaires du Grand Paris, le prix des appartements anciens avait atteint un sommet de 10 860 €/m² en novembre 2020. En juillet 2021, il s’établissait encore à 10 700 €/m².

Cinq ans plus tard, à fin juillet 2026, ce prix ressort à 9 550 €/m², soit une diminution d’environ 10,7 % sur la période.

Cette évolution doit toutefois être nuancée. Après la phase de baisse, les prix montrent désormais des signes de stabilisation.

En juillet 2026, le recul annuel se limite à 0,5 % dans la capitale. Les indicateurs avancés issus des avant-contrats suggèrent un prix proche de 9 600 €/m² en octobre, sans signaler de reprise haussière marquée.

Le marché semble donc davantage engagé dans une phase de stabilisation que dans la poursuite d’une correction rapide.

Pourquoi les prix immobiliers ont-ils baissé à Paris ?

La hausse des taux a réduit la capacité d’emprunt

Le renchérissement du crédit immobilier constitue l’un des principaux facteurs de ralentissement du marché.

Selon la Banque de France, le taux moyen des nouveaux crédits à l’habitat, hors renégociations, est passé de 1,45 % en juillet 2022 à 4,17 % en janvier 2024.

Cette augmentation a réduit la capacité d’emprunt des ménages pour une mensualité identique, limitant mécaniquement le nombre d’acheteurs susceptibles de financer les prix auparavant pratiqués.

La détente observée en 2024 et 2025 a ensuite amélioré les conditions de financement. Toutefois, le taux moyen est remonté à 3,32 % en août 2026, contre 3,10 % un an auparavant.

Le financement demeure ainsi un facteur déterminant pour l’évolution des transactions.

Les contraintes énergétiques pèsent sur certains logements

La réglementation sur la performance énergétique constitue un second élément à prendre en considération, particulièrement pour l’investissement locatif.

Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G au diagnostic de performance énergétique (DPE) ne répondent plus aux critères de décence énergétique pour les nouveaux baux, les renouvellements et les reconductions tacites.

Cette restriction doit progressivement concerner les logements classés F en 2028, puis E en 2034.

Pour les acquéreurs, le coût des travaux nécessaires à la mise en conformité peut peser dans les négociations. Son incidence sur le prix dépend néanmoins des caractéristiques du logement et de sa copropriété.

Ces contraintes ne suffisent pas, à elles seules, à expliquer l’ensemble de la baisse observée à Paris.

Les ventes repartent progressivement en 2026

Malgré des prix toujours inférieurs à leurs précédents sommets, l’activité immobilière montre des signes d’amélioration.

Entre mai et juillet 2026, les ventes de logements anciens ont augmenté de 4 % à Paris par rapport à la même période de 2025.

À l’échelle francilienne, 36 810 logements anciens ont été vendus sur ces trois mois, soit une progression de 5 % sur un an et de 16 % par rapport à 2024.

Cette amélioration ne traduit cependant pas nécessairement un retournement durable du marché.

Les Notaires du Grand Paris soulignent que la reprise reste fragile, notamment en raison des incertitudes économiques et des conditions de financement.

L’évolution des volumes de transactions devra donc être observée sur plusieurs trimestres avant de conclure à une véritable reprise.

Quelles conséquences pour les propriétaires et les investisseurs ?

Pour les propriétaires ayant acquis un logement lorsque les prix étaient proches de leurs sommets, la correction peut entraîner une diminution de la valeur estimée de leur patrimoine.

Cette baisse ne constitue cependant pas une perte définitivement réalisée tant que le bien n’est pas vendu. Sa conséquence financière dépend notamment du prix d’acquisition, du capital restant dû et de la durée de détention.

Pour les acquéreurs, des prix inférieurs à ceux de 2020-2021 peuvent améliorer les conditions d’entrée sur le marché.

La comparaison doit toutefois intégrer les taux d’emprunt actuels, les frais d’acquisition, les charges de copropriété et les éventuels travaux.

Pour un investissement locatif, le rendement doit être apprécié après prise en compte des charges, de la fiscalité, de la vacance locative et des dépenses d’entretien.

À Paris, les règles d’encadrement des loyers et les obligations de rénovation énergétique constituent également des paramètres essentiels.

Un prix d’acquisition en baisse ne garantit donc pas automatiquement une meilleure rentabilité.

Quelles perspectives pour le marché parisien ?

À court terme, les dernières données disponibles ne permettent pas d’anticiper avec certitude une nouvelle baisse significative ou un redressement durable des prix.

Les indicateurs avancés des notaires font plutôt apparaître une stabilisation, avec des variations annuelles limitées.

Les prochaines évolutions dépendront notamment des conditions de crédit, du pouvoir d’achat immobilier des ménages et du volume de biens proposés à la vente.

Par ailleurs, le marché parisien reste hétérogène : l’emplacement, l’état du logement, ses performances énergétiques et les caractéristiques de l’immeuble peuvent entraîner des écarts importants entre deux biens.

Ce qu’il faut retenir

Le marché immobilier parisien a perdu environ 10,7 % de sa valeur au mètre carré entre juillet 2021 et juillet 2026, mais la baisse s’est nettement atténuée.

Les transactions connaissent une amélioration progressive et les prix tendent vers une stabilisation.

Pour les particuliers comme pour les investisseurs, ces évolutions justifient une analyse fondée sur les caractéristiques propres à chaque bien et sur son coût global de financement, plutôt que sur la seule variation des prix moyens.

Sources : Notaires du Grand Paris, communiqués de septembre 2021 et octobre 2026 ; Banque de France, statistiques sur le crédit immobilier ; Service-Public.fr, réglementation sur la décence énergétique.

Données disponibles au 25 octobre 2026. Les perspectives présentées ne constituent pas des prévisions garanties.