Publié le 26 octobre 2026 à 07:30 — Mis à jour le 25 octobre 2026 à 17:04

La loi de finances pour 2026 modifie plusieurs règles applicables à l’épargne retraite, tandis que l’assurance-vie conserve l’essentiel de son cadre fiscal. Entre hausse des prélèvements sociaux, nouvelles limites de déduction et maintien des avantages successoraux, ces évolutions méritent une analyse précise pour comprendre leurs conséquences sur les stratégies patrimoniales.

Assurance-vie : une fiscalité largement préservée

La loi de finances du 19 février 2026 n’a pas bouleversé le fonctionnement fiscal de l’assurance-vie. Les règles d’imposition des rachats et le dispositif de transmission en cas de décès restent globalement inchangés.

L’une des principales différences avec d’autres placements concerne les prélèvements sociaux. Depuis le 1er janvier 2026, leur taux de droit commun sur les revenus du capital est passé de 17,2 % à 18,6 %, sous l’effet d’une augmentation de la contribution sociale généralisée (CSG).

Les produits des contrats d’assurance-vie classiques conservent toutefois un taux de 17,2 %. Les contrats spécifiques de rente-survie et d’épargne-handicap relèvent, quant à eux, du taux de 18,6 %.

Cette distinction constitue un élément important dans la comparaison de la fiscalité des placements financiers.

Des avantages maintenus après huit ans

Pour les contrats de plus de huit ans, l’abattement annuel sur les gains imposables lors des rachats reste fixé à :

  • 4 600 € pour une personne seule ;
  • 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune.

Cet abattement concerne l’impôt sur le revenu, mais ne supprime pas les prélèvements sociaux.

Pour les versements réalisés depuis le 27 septembre 2017, le taux d’imposition sur les gains peut être de 7,5 % après huit ans, dans les limites prévues par la réglementation. Au-delà, le taux de 12,8 % peut s’appliquer.

Transmission : les règles successorales sont maintenues

L’assurance-vie conserve également son régime spécifique en matière de transmission.

Pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire peut notamment profiter d’un abattement de 152 500 €, tous contrats confondus, sous réserve des dispositions fiscales applicables.

Pour les primes versées à partir de 70 ans, un abattement global de 30 500 € s’applique, partagé entre les bénéficiaires concernés. Les produits capitalisés correspondant à ces primes sont, en principe, exclus de l’assiette des droits de succession.

Ces mécanismes continuent de distinguer l’assurance-vie des placements détenus directement dans le patrimoine successoral.

PER : trois changements fiscaux à connaître en 2026

Le Plan d’Épargne Retraite fait l’objet de modifications plus significatives.

Première évolution : la fin de la déductibilité des versements dès 70 ans.

Depuis le 1er janvier 2026, les sommes versées sur un PER à compter du 70e anniversaire du titulaire ne peuvent plus bénéficier de la déduction fiscale auparavant applicable.

Les versements restent autorisés, mais perdent cet avantage. Les sommes non déduites bénéficient en contrepartie du régime fiscal correspondant lors de leur récupération.

Deuxième évolution : un report des plafonds porté à cinq ans.

La loi de finances étend de trois à cinq ans la période pendant laquelle les plafonds de déduction inutilisés peuvent être reportés, selon les règles transitoires applicables.

Cette mesure peut notamment intéresser les contribuables dont les revenus augmentent ou qui souhaitent effectuer un versement exceptionnel après plusieurs années de faible utilisation de leur plafond.

Troisième évolution : des prélèvements sociaux plus élevés.

Le taux global applicable aux revenus concernés des PER atteint désormais 18,6 %, contre 17,2 % auparavant. Les modalités exactes d’imposition dépendent toutefois de l’origine des versements et de la forme de sortie.

Cette augmentation réduit mécaniquement le rendement net des gains soumis au nouveau taux, à rendement brut identique.

Assurance-vie ou PER : quelles conséquences pour les épargnants ?

Ces évolutions ne rendent pas l’un des deux produits systématiquement préférable à l’autre.

Le PER conserve un intérêt particulier pour les contribuables disposant d’une tranche marginale d’imposition élevée pendant leur activité professionnelle, notamment lorsqu’ils anticipent une fiscalité plus faible à la retraite. Son avantage dépend néanmoins des conditions d’imposition à la sortie.

L’assurance-vie présente une souplesse différente : les rachats sont possibles à tout moment, sans attendre la retraite, et sa fiscalité successorale peut constituer un avantage selon la situation familiale.

Le PER reste principalement un instrument de préparation à la retraite, dont les possibilités de déblocage anticipé sont limitées aux cas prévus par la loi, notamment l’acquisition de la résidence principale pour les droits éligibles.

Dans les deux cas, les frais, les supports d’investissement et les risques de perte en capital doivent également être examinés. Les unités de compte ne garantissent pas le capital investi.

Ce qu’il faut retenir

Le budget 2026 ne remet pas en cause les principaux avantages fiscaux de l’assurance-vie, mais modifie sensiblement certaines règles du PER.

La suppression de la déduction des versements à partir de 70 ans et la hausse des prélèvements sociaux constituent deux évolutions défavorables pour certaines situations. À l’inverse, l’allongement du report des plafonds de déduction apporte davantage de souplesse aux contribuables concernés.

Le choix entre assurance-vie et PER doit donc rester fondé sur l’horizon de placement, la fiscalité personnelle, les besoins de disponibilité et les objectifs de transmission, plutôt que sur la seule comparaison des avantages fiscaux.


Sources : loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 ; Service-Public.fr ; ministère de l’Économie et des Finances ; Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP).

Informations générales à caractère pédagogique, établies selon la réglementation connue au 25 octobre 2026. Elles ne constituent pas un conseil patrimonial personnalisé.