Publié le 9 July 2025 à 05:36 — Mis à jour le 26 August 2025 à 12:04

Créées après la crise financière de 2008-2009 pour renforcer la solidité des banques, les obligations financières subordonnées offrent désormais des rendements attractifs. Elles sont également soutenues par la qualité des émetteurs européens, dont les notations se sont améliorées, et par la hausse des volumes d’émission depuis le début de l’année.

Points clés

Les obligations financières subordonnées affichent un rapport rendement/risque attractif, soutenu par la bonne santé des banques et l’amélioration des notations.
Malgré leur complexité et l’existence de risques spécifiques, ces instruments ont démontré leur capacité à rebondir après les chocs du marché.
La gestion active est privilégiée, les gérants mettant l’accent sur les émetteurs les plus solides et se concentrant sur l’arbitrage géographique ou monétaire.

Depuis le début de l’année, les obligations financières subordonnées attirent les investisseurs. Ces instruments, appelés Tier 1 ou Tier 2 selon leur position dans le bilan des établissements financiers (voir encadré), bénéficient d’un marché primaire très dynamique. Par exemple, en mai 2025, la banque allemande Commerzbank a levé avec succès quelque 50 millions d’euros à 6,625 %, avec un carnet d’ordres couvert près de 10 fois ! Pour les gestionnaires et les investisseurs institutionnels également, le rapport risque/rendement de ce type d’instrument est actuellement très attractif.

« Les obligations Tier (ou AT1), généralement comparées aux obligations à haut rendement, offrent depuis le début de l’année un rendement deux fois supérieur à celui des obligations Investment Grade (IG) », explique Thibault Colle, gestionnaire obligataire chez UBP. « Au 9 juin, la performance moyenne des obligations financières subordonnées libellées en euros depuis le 1er janvier était de 3,1 %, contre 1,55 % pour les obligations notées IG. » La comparaison avec les titres notés « high yield » est également avantageuse. « Le marché euro à haut rendement, quant à lui, a enregistré une performance de 2,7 % entre le 1er janvier et le 9 juin 2025 », poursuit Thibault Colle. « Les investisseurs institutionnels utilisent donc ces titres pour diversifier et optimiser leurs portefeuilles de crédit. » D’autres catégories subordonnées offrent également un rendement supplémentaire par rapport aux obligations souveraines.