Publié le 2 septembre 2026 à 18:00 — Mis à jour le 27 août 2026 à 10:02

Le fonds en euros est l’un des placements préférés des épargnants recherchant de la sécurité. Le PEA, de son côté, offre un cadre fiscal particulièrement intéressant pour investir à long terme en actions.

Peut-on combiner les deux et placer un fonds en euros dans un PEA ?

La réponse est simple : non.

Et cela reste vrai aussi bien pour un PEA bancaire classique que pour un PEA assurance.

Pourquoi un fonds en euros n’est-il pas éligible au PEA ?

Le Plan d’Épargne en Actions (PEA) a été conçu pour favoriser l’investissement dans les entreprises européennes.

Un PEA bancaire peut notamment contenir :

  • des actions de sociétés éligibles situées dans l’Union européenne ou l’Espace économique européen ;
  • certains fonds, Sicav ou ETF respectant les critères d’éligibilité au PEA.

Les placements collectifs doivent notamment respecter les règles prévues pour bénéficier de l’éligibilité au plan. Les obligations font, elles, partie des titres directement exclus du PEA.

Or, un fonds en euros n’est pas un fonds actions éligible au PEA. Il s’agit d’un support proposé principalement dans les contrats d’assurance-vie et certains produits d’épargne assurantiels.

Son fonctionnement est très différent : l’assureur investit notamment dans des obligations et d’autres actifs et offre une garantie du capital selon les conditions prévues par le contrat.

Cette garantie est précisément ce que beaucoup d’épargnants recherchent, mais elle n’entre pas dans le fonctionnement du PEA.

Et dans un PEA assurance ?

La confusion vient souvent de là.

Il existe effectivement deux grandes formes de PEA :

Le PEA bancaire, constitué d’un compte-titres et d’un compte espèces.

Le PEA assurance, ouvert auprès d’une compagnie d’assurance.

On pourrait donc penser que le PEA assurance permet d’accéder au fonds en euros comme une assurance-vie classique.

Ce n’est pas le cas.

Le ministère de l’Économie précise que le PEA assurance prend la forme d’un contrat de capitalisation en unités de compte. Les supports proposés doivent eux aussi respecter les règles d’éligibilité du PEA.

L’AMF rappelle également que le PEA assurance fonctionne en unités de compte.

Il ne faut donc pas confondre :

  • assurance-vie multisupport : fonds en euros + éventuellement unités de compte ;
  • PEA assurance : unités de compte compatibles avec le PEA.

Le mot « assurance » ne signifie donc pas que l’épargnant retrouve toutes les possibilités d’un contrat d’assurance-vie.

Peut-on sécuriser une partie de son PEA ?

Oui, mais pas avec un véritable fonds en euros.

Dans un PEA bancaire, il existe un compte espèces. Après la vente d’actions ou d’ETF, l’argent peut temporairement rester disponible sur cette poche en attendant un nouvel investissement.

Mais il ne faut pas confondre cette trésorerie avec un fonds en euros.

Le compte espèces du PEA :

  • ne bénéficie pas du rendement annuel d’un fonds en euros ;
  • n’est pas un placement destiné à produire une performance régulière ;
  • sert principalement à recevoir les versements, dividendes et produits de cession avant réinvestissement.

Certains fonds ou ETF éligibles au PEA peuvent également présenter un niveau de risque différent de celui d’une action individuelle, mais ils ne reproduisent pas la garantie en capital d’un fonds en euros.

Présenter un fonds diversifié comme l’équivalent d’un fonds en euros serait donc trompeur.

Quelle solution si l’on veut à la fois sécurité et actions ?

Plutôt que de chercher à faire entrer un fonds en euros dans un PEA, il peut être plus cohérent d’utiliser plusieurs enveloppes complémentaires.

Par exemple :

Le PEA peut être consacré aux investissements en actions et ETF éligibles dans une optique de long terme.

L’assurance-vie peut accueillir une partie plus sécurisée du patrimoine grâce au fonds en euros, ainsi que des unités de compte si l’épargnant souhaite diversifier.

Les livrets réglementés, lorsqu’ils sont disponibles et adaptés à la situation de l’épargnant, peuvent servir pour l’épargne de précaution.

Il ne s’agit donc pas nécessairement de choisir entre PEA et assurance-vie. Les deux produits peuvent répondre à des objectifs différents.

Le PEA reste-t-il intéressant fiscalement en 2026 ?

Oui, notamment pour un investissement de long terme.

Après cinq ans, les gains réalisés dans le PEA sont exonérés d’impôt sur le revenu lors des retraits. Ils restent néanmoins soumis aux prélèvements sociaux.

Depuis le 1er janvier 2026, le taux des prélèvements sociaux applicable aux gains concernés est passé à 18,6 %, sous réserve des règles particulières applicables notamment à certains anciens PEA.

Un retrait partiel effectué après cinq ans ne provoque par ailleurs plus automatiquement la fermeture du plan et de nouveaux versements restent possibles dans la limite du plafond réglementaire.

Le PEA reste donc une enveloppe particulièrement intéressante pour investir à long terme, mais ce n’est pas un produit d’épargne garantie.

Ce qu’il faut retenir

Non, il n’est pas possible de placer un fonds en euros dans un PEA en 2026.

Cette impossibilité concerne :

  • le PEA bancaire ;
  • mais également le PEA assurance.

Le fonds en euros reste principalement associé à l’assurance-vie et à certains contrats assurantiels, tandis que le PEA est destiné à l’investissement en actions et supports financiers éligibles.

Pour un épargnant souhaitant combiner sécurité et potentiel de rendement à long terme, la solution consiste donc davantage à répartir son patrimoine entre plusieurs enveloppes adaptées à chaque objectif plutôt qu’à chercher un fonds en euros à l’intérieur du PEA.