Publié le 20 July 2026 à 08:04

L’actualité patrimoniale est dominée par un changement concret pour des dizaines de millions d’épargnants : le relèvement du Livret A à 1,7 % au 1er août 2026, tandis que le LEP reste fixé à 2,5 %. Le second sujet majeur est monétaire : la réunion de la BCE des 22 et 23 juillet intervient dans un environnement redevenu inflationniste, sous l’effet de la remontée du pétrole. Enfin, la reprise du crédit immobilier se confirme, mais elle reste trop faible pour parler d’un véritable redémarrage du marché.

1. Livret A à 1,7 % au 1er août : une hausse trompeusement favorable

Le gouvernement a annoncé le 15 juillet que le taux du Livret A et du LDDS passera de 1,5 % à 1,7 % le 1er août 2026. Le taux du LEP restera à 2,5 %. Cette décision suit la recommandation de la Banque de France et intervient après plusieurs baisses successives de rémunération en 2025 et début 2026.

Pourquoi c’est important

La hausse de 0,2 point semble positive, mais son effet financier reste modeste :

sur un Livret A rempli à 22 950 €, elle représente environ 46 € d’intérêts supplémentaires par an ;
le rendement demeure faible pour une épargne placée à moyen ou long terme ;
le LEP conserve un avantage très net pour les ménages éligibles.

Le vrai enjeu n’est donc pas « faut-il conserver son Livret A ? », mais combien faut-il y conserver avant de réorienter le surplus vers l’assurance-vie, les fonds monétaires, les obligations ou les marchés actions.

 

2. Réunion de la BCE : le pétrole menace la détente des taux

Le Conseil des gouverneurs de la BCE se réunit les 22 et 23 juillet 2026. La décision sera publiée le 23 juillet. Le consensus actuel privilégie un maintien des taux, mais la remontée du pétrole et des anticipations d’inflation réduit fortement la probabilité d’un assouplissement rapide.

Les tensions géopolitiques ont poussé le Brent au-dessus de 90 dollars au début de la semaine, ce qui ravive les craintes d’inflation et pèse simultanément sur les obligations, les actions de croissance et les perspectives de baisse des taux.

Pourquoi c’est important

Une BCE durablement restrictive aurait des conséquences directes :

stabilisation, voire remontée, des taux immobiliers ;
rendement plus élevé des fonds monétaires et obligataires courts ;
pression sur les valeurs de croissance, les foncières et les entreprises très endettées ;
maintien d’un euro et de rendements obligataires relativement fermes.

L’investisseur français ne doit pas interpréter la hausse du Livret A comme le début d’un nouveau cycle favorable à toute l’épargne sans risque. Elle traduit au contraire un environnement dans lequel les taux courts et l’inflation restent plus élevés qu’attendu.

3. Épargne réglementée : près de 950 milliards d’euros, un record révélateur

 

La Banque de France a publié le 15 juillet son rapport annuel sur l’épargne réglementée. Les encours atteignaient près de 950 milliards d’euros fin 2025, malgré un ralentissement de la collecte après les années exceptionnelles 2022-2024.

Pourquoi c’est important

Ce niveau révèle plusieurs réalités patrimoniales :

les ménages français conservent une préférence très forte pour la liquidité et la garantie du capital ;
une part importante de l’épargne reste peu productive à long terme ;
la baisse du rendement des livrets devrait mécaniquement favoriser l’assurance-vie, les comptes à terme et les supports obligataires ;
les ménages les plus aisés risquent de conserver un excès de liquidités par prudence plutôt que par choix rationnel.

Il faut cependant éviter le discours simpliste consistant à accuser les Français de « mal investir ». Une grande partie de cette épargne joue un rôle de sécurité et finance notamment le logement social.

 

4. Crédit immobilier : reprise confirmée, mais pas de retour à l’euphorie

 

En mai 2026, le taux moyen des nouveaux crédits immobiliers hors renégociations s’établissait à 3,21 %. Les encours de crédit à l’habitat progressaient de 0,8 % sur un an pour l’ensemble des ménages, mais seulement de 0,2 % pour les particuliers.

La production de crédit avait déjà fortement rebondi en 2025, après l’effondrement observé durant la phase de remontée des taux.

Pourquoi c’est important

Le crédit revient, mais trois freins subsistent :

la solvabilité des ménages reste inférieure à celle de la période des taux à 1 % ;
une nouvelle remontée des taux directeurs pourrait interrompre l’amélioration ;
l’offre de logements reste contrainte, particulièrement dans le neuf.

Il ne faut donc pas annoncer un « redémarrage du marché immobilier ». Le diagnostic exact est celui d’une normalisation fragile du financement.

5. Loyers : la revalorisation reste contenue, mais l’investissement locatif demeure sous pression

Priorité : moyenne à élevée — MISE À JOUR COURTE

L’indice de référence des loyers du deuxième trimestre 2026 atteint 148,37, après 146,60 au premier trimestre. La hausse annuelle du premier trimestre était limitée à 0,78 %, très loin des progressions observées pendant le choc inflationniste.

Pourquoi c’est important

La modération de l’IRL est favorable aux locataires, mais moins favorable aux bailleurs :

les loyers progressent faiblement ;
les charges, travaux, assurances et taxes peuvent augmenter plus rapidement ;
le rendement réel des investissements locatifs reste sous pression ;
la qualité du prix d’achat redevient le principal déterminant de la rentabilité.

Cela renforce l’idée qu’un investissement locatif acheté avec un rendement brut de 3 % à 4 % est souvent insuffisant, sauf forte qualité patrimoniale ou potentiel de valorisation.

 

6. CAC 40 : la géopolitique et les semi-conducteurs reprennent le contrôle

 

Le CAC 40 a terminé la séance du 17 juillet à 8 338,81 points, en baisse de 0,47 %. Sur un mois, l’indice reculait d’environ 1,5 %, tout en restant en hausse sur un an. La baisse récente a notamment été alimentée par le recul des semi-conducteurs, la hausse du pétrole et les tensions géopolitiques.

Les marchés entrent également dans une semaine chargée en résultats américains, avec Alphabet, Tesla et Intel, qui pourront influencer directement les valeurs technologiques et industrielles européennes.

Pourquoi c’est important

Les investisseurs doivent distinguer trois risques :

risque énergétique, favorable aux pétrolières mais défavorable à la consommation et à l’industrie ;
risque de taux, défavorable aux valeurs fortement valorisées ;
risque technologique, avec une correction des semi-conducteurs après une forte phase d’expansion.

Pour un investisseur de long terme, le sujet n’est pas de sortir du marché, mais de vérifier que son portefeuille ne cumule pas simultanément technologie, croissance et forte sensibilité aux taux.

 

7. Investisseurs particuliers et réseaux sociaux : l’AMF documente un vrai changement de comportement

 

L’AMF a publié le 15 juillet une étude sur le comportement des investisseurs particuliers sur les valeurs du CAC 40 à l’ère des réseaux sociaux. Le régulateur observe depuis plusieurs années l’influence croissante des plateformes, des applications mobiles et des contenus numériques sur la prise de décision.

Pourquoi c’est important

Le sujet dépasse largement les seuls jeunes investisseurs. Les réseaux sociaux modifient :

la vitesse de circulation des recommandations ;
la concentration des achats sur quelques valeurs ;
le rapport à la volatilité ;
la distinction entre information, publicité et conseil ;
la perception du risque.

 

8. Arnaques Forex et crypto : les listes noires continuent de grossir

 

Depuis le début de 2026, l’AMF et l’ACPR ont ajouté 31 sites non autorisés dans la catégorie Forex et 26 sites concernant les produits dérivés sur crypto-actifs, dont une part importante au deuxième trimestre.

Pourquoi c’est important

Les escroqueries évoluent rapidement et empruntent désormais les codes :

des plateformes de trading ;
des conseillers patrimoniaux ;
des investissements privés ;
de l’intelligence artificielle ;
des faux comptes de personnalités publiques.

Le sujet est utile pour la protection du lecteur, mais les simples listes de sites ont une durée de vie éditoriale très courte.

 

9. Assurance-vie et PER : resserrement discret de l’univers d’investissement

 

Un décret du 30 avril 2026 renforce l’encadrement des supports proposés dans l’assurance-vie et les plans d’épargne retraite. Il supprime notamment, pour les référencements futurs, certaines possibilités d’intégration de fonds d’investissement alternatifs et encadre davantage les sociétés à dominante immobilière ou de capital-risque.

Pourquoi c’est important

Ce texte peut réduire l’accès de certains particuliers :

au non-coté ;
à certains fonds immobiliers ;
à des supports complexes ou peu liquides.

L’intention protectrice est claire, mais le risque est aussi de limiter l’offre dans certains contrats haut de gamme. L’impact dépendra de la manière dont assureurs et distributeurs adapteront leurs gammes.

 

10. Avis d’impôt 2026 : début des remboursements et soldes à payer

 

Les avis d’impôt sur les revenus commencent à être mis à disposition à partir de la fin juillet. Les contribuables bénéficiant d’un remboursement ou n’ayant plus rien à payer recevront généralement leur avis numérique entre le 24 et le 31 juillet 2026.

Pourquoi c’est important

Cette période est propice à plusieurs décisions patrimoniales :

ajustement du prélèvement à la source ;
placement du remboursement fiscal ;
anticipation du solde à payer ;
vérification des crédits et réductions d’impôt ;
préparation des versements sur PER avant la fin de l’année.

Sujets à surveiller cette semaine

Jeudi 23 juillet : décision de la BCE

C’est l’échéance centrale. Il faudra surveiller :

le niveau des taux directeurs ;
le discours sur l’inflation énergétique ;
les indications concernant septembre ;
la réaction de l’OAT française, de l’euro et des valeurs immobilières.
Résultats d’entreprises et technologie

Les publications d’Alphabet, Tesla et Intel permettront de mesurer si la correction des valeurs technologiques est une simple prise de bénéfices ou le début d’une révision plus profonde des anticipations liées à l’intelligence artificielle.

Pétrole et tensions géopolitiques

Une poursuite de la hausse du pétrole modifierait rapidement les perspectives de taux, d’inflation et de consommation. C’est actuellement le principal risque macroéconomique pour les portefeuilles diversifiés.

Immobilier

Surveiller les prochaines données de production de crédit, les taux proposés en juillet et l’évolution des prix dans les grandes agglomérations. La prochaine actualisation de certaines séries nationales de prix immobiliers est attendue autour de la mi-août.