Publié le 22 July 2026 à 07:30 — Mis à jour le 22 July 2026 à 08:04

 

Livret A à 1,7 % au 1er août 2026 : protège-t-il encore l’épargne de l’inflation ?

Article mis à jour le 22 juillet 2026

Le taux du Livret A va légèrement augmenter. Après avoir été ramené à 1,5 % le 1er février 2026, il passera à 1,7 % à compter du 1er août 2026.

Cette hausse de 0,2 point peut sembler favorable aux épargnants. Elle ne garantit toutefois pas que l’argent placé conservera intégralement son pouvoir d’achat. La Commission européenne prévoit en effet une inflation moyenne de 2,4 % en France sur l’ensemble de l’année 2026.

Le rendement réel du Livret A pourrait donc rester négatif en 2026. Mais la situation est beaucoup moins alarmante que ne le laisserait penser l’hypothèse d’une inflation comprise entre 4 % et 6 %. En juin 2026, la hausse des prix à la consommation en France s’établissait à 1,8 % sur un an.

Le Livret A reste ainsi proche de l’inflation observée à court terme. Son rôle doit surtout être correctement compris : il s’agit d’un placement de précaution, liquide, défiscalisé et garanti, et non d’un produit destiné à faire progresser fortement un patrimoine sur plusieurs décennies.

Ce qu’il faut retenir

  • Le taux du Livret A est fixé à 1,5 % jusqu’au 31 juillet 2026.
  • Il passera à 1,7 % à compter du 1er août 2026.
  • Les intérêts sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.
  • L’inflation française atteignait 1,8 % sur un an en juin 2026.
  • La Commission européenne prévoit néanmoins une inflation moyenne de 2,4 % sur l’ensemble de l’année.
  • Le rendement réel du Livret A devrait donc être légèrement négatif en 2026.
  • Le Livret d’épargne populaire reste plus rémunérateur, avec un taux maintenu à 2,5 % pour les personnes qui remplissent les conditions de revenus.
  • Le PEA et l’assurance-vie peuvent compléter le Livret A, mais ils ne répondent pas au même besoin.

Le taux du Livret A n’est plus de 3 %

Le taux de 3 % appartient désormais au passé. Il a été maintenu jusqu’au 31 janvier 2025, avant d’être progressivement réduit :

Période Taux annuel du Livret A
Jusqu’au 31 janvier 2025 3 %
Du 1er février au 31 juillet 2025 2,4 %
Du 1er août 2025 au 31 janvier 2026 1,7 %
Du 1er février au 31 juillet 2026 1,5 %
À compter du 1er août 2026 1,7 %

Cette baisse progressive s’explique principalement par le reflux de l’inflation et par l’évolution des taux monétaires à court terme. Le taux du Livret A n’est donc pas fixé arbitrairement en fonction des seuls besoins budgétaires de l’État. Il résulte d’une formule réglementaire appliquée deux fois par an.

La remontée à 1,7 % en août 2026 interrompra temporairement cette baisse, sans ramener le Livret A aux niveaux de rémunération observés en 2023 et 2024.

Comment le taux du Livret A est-il calculé ?

La Banque de France calcule tous les six mois un taux théorique à partir de deux éléments :

  • la moyenne semestrielle de l’inflation hors tabac ;
  • la moyenne semestrielle du taux monétaire à court terme de la zone euro, appelé €STR.

Pour la révision d’août 2026, l’inflation moyenne hors tabac retenue était de 1,52 %, tandis que le taux €STR moyen atteignait 1,95 %. L’application de la formule aboutissait à un taux de 1,7 %. Le gouverneur de la Banque de France a proposé ce résultat au gouvernement, qui l’a retenu.

La formule se fonde donc sur des moyennes passées. Elle ne garantit pas que le taux du Livret A correspondra exactement à l’inflation observée au cours des six mois suivants.

Si les prix accélèrent brusquement, le rendement réel peut devenir négatif avant la prochaine révision. À l’inverse, lorsque l’inflation ralentit rapidement, le Livret A peut temporairement offrir un rendement supérieur à la hausse des prix.

Qu’est-ce qu’un rendement réel négatif ?

Le taux annoncé par la banque est un taux nominal. Il indique combien d’euros seront versés sur le livret.

Le rendement réel tient compte de l’inflation. Il mesure l’évolution effective du pouvoir d’achat de l’épargne.

La formule simplifiée est la suivante :

Rendement réel approximatif = taux du placement − inflation

Avec un Livret A rémunéré à 1,7 % et une inflation de 2,4 %, le rendement réel approximatif serait de :

1,7 % − 2,4 % = −0,7 %

Le calcul exact, prenant en compte la capitalisation, donne un résultat légèrement différent, mais l’ordre de grandeur reste identique.

Un rendement réel négatif ne signifie pas que le montant affiché sur le Livret A diminue. Le capital nominal et les intérêts restent acquis. Cela signifie seulement que la somme permet d’acheter un peu moins de biens et de services qu’un an auparavant.

Il faut donc distinguer deux protections :

  • le Livret A protège le montant nominal de l’épargne ;
  • il ne garantit pas systématiquement son pouvoir d’achat.

Le rendement du Livret A sera-t-il réellement négatif en 2026 ?

Sur l’ensemble de l’année 2026, le taux effectivement perçu par un épargnant sera différent de 1,7 %, puisque plusieurs taux auront été appliqués successivement.

Pour une somme présente pendant toute l’année, sans dépôt ni retrait, la rémunération théorique moyenne sera proche de :

  • 1,7 % en janvier ;
  • 1,5 % de février à juillet ;
  • 1,7 % d’août à décembre.

Cela correspond à une rémunération nominale annuelle moyenne d’environ 1,6 %, avant les légères différences liées au calcul des intérêts par quinzaine.

Pour 10 000 euros laissés sur le livret pendant toute l’année, les intérêts devraient donc approcher 160 euros.

Avec une inflation annuelle moyenne de 2,4 %, la perte de pouvoir d’achat serait proche de 0,8 %, soit environ 78 euros en euros constants pour une épargne initiale de 10 000 euros.

Ce calcul repose toutefois sur la prévision d’inflation actuellement publiée par la Commission européenne. L’inflation réelle de 2026 ne sera définitivement connue qu’après la fin de l’année.

L’inflation n’est pas attendue entre 4 % et 6 %

L’hypothèse d’une inflation française comprise entre 4 % et 6 % en 2026 n’est pas soutenue par les données actuellement disponibles.

En juin 2026, les prix à la consommation augmentaient de 1,8 % sur un an, après 2,4 % en mai. Le ralentissement provenait notamment d’une hausse moins rapide des prix de l’énergie, même si ceux-ci restaient sensiblement supérieurs à leur niveau de l’année précédente.

La Commission européenne prévoit une inflation moyenne de 2,4 % en France en 2026. Elle pourrait atteindre un point haut proche de 2,9 % au troisième trimestre, avant de ralentir progressivement. L’inflation moyenne serait ensuite ramenée à 1,8 % en 2027.

La situation reste incertaine, notamment en raison des tensions géopolitiques et des prix de l’énergie. Mais parler d’une inflation « galopante » comprise entre 4 % et 6 % serait aujourd’hui excessif.

Le Livret A a-t-il perdu son intérêt ?

Non. Un rendement réel légèrement négatif ne rend pas automatiquement le Livret A inutile.

Le produit conserve plusieurs avantages difficiles à réunir dans un même placement :

  • le capital n’est pas exposé aux fluctuations des marchés ;
  • l’argent reste disponible à tout moment ;
  • les intérêts sont exonérés d’impôt sur le revenu ;
  • les intérêts ne supportent pas de prélèvements sociaux ;
  • il n’existe ni frais d’ouverture ni frais de gestion ;
  • le capital bénéficie de la garantie de l’État ;
  • les intérêts acquis sont définitivement ajoutés au capital en fin d’année.

Le plafond des versements est fixé à 22 950 euros pour une personne physique, hors intérêts capitalisés. Les intérêts peuvent continuer à faire progresser le solde au-delà de ce plafond.

Le Livret A reste donc particulièrement adapté à l’épargne de précaution destinée à financer :

  • une réparation automobile ;
  • une dépense de santé ;
  • une période de chômage ;
  • des travaux urgents ;
  • une hausse imprévue des charges ;
  • un projet prévu dans les prochains mois.

Pour ce type d’argent, la disponibilité et la sécurité sont généralement plus importantes que la recherche du rendement maximal.

Combien faut-il conserver sur son Livret A ?

Le montant pertinent dépend de la situation personnelle du ménage.

Une réserve correspondant à trois à six mois de dépenses courantes constitue souvent un ordre de grandeur raisonnable. Elle peut être augmentée lorsque les revenus sont irréguliers, qu’un seul salaire fait vivre le foyer ou que des dépenses importantes sont prévisibles.

Il n’est en revanche pas toujours pertinent de conserver systématiquement 22 950 euros sur un Livret A lorsque cette somme dépasse largement le besoin de précaution.

L’argent qui ne sera probablement pas utilisé avant plusieurs années peut être réparti sur d’autres supports, selon :

  • l’horizon de placement ;
  • la tolérance au risque ;
  • la situation fiscale ;
  • les projets du foyer ;
  • le besoin de disponibilité.

Le véritable problème n’est donc pas de détenir un Livret A. Il consiste plutôt à utiliser ce produit pour toute son épargne, y compris celle destinée à des objectifs de long terme.

Le LEP, première alternative pour les épargnants éligibles

Avant de chercher un placement plus risqué, les épargnants éligibles doivent vérifier s’ils peuvent ouvrir un Livret d’épargne populaire.

Le taux du LEP restera fixé à 2,5 % à compter du 1er août 2026, contre 1,7 % pour le Livret A. Ses intérêts sont également exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Le capital reste disponible et sans risque de marché.

Le LEP est toutefois réservé aux personnes domiciliées fiscalement en France dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas certains plafonds.

Pour les ménages éligibles, il doit généralement être rempli avant le Livret A, car il offre un meilleur rendement avec un niveau de sécurité et une disponibilité comparables.

Le LDDS n’offre pas un meilleur rendement

Le Livret de développement durable et solidaire fonctionne de manière proche du Livret A.

Son taux sera également fixé à 1,7 % à compter du 1er août 2026. Son plafond de versements s’élève à 12 000 euros, hors intérêts capitalisés.

Le LDDS ne permet donc pas d’améliorer le rendement par rapport au Livret A. Il permet surtout d’augmenter le montant total pouvant être placé sur des livrets réglementés, liquides et défiscalisés.

Un épargnant peut cumuler un Livret A et un LDDS, sous réserve de respecter les conditions propres à chacun.

L’assurance-vie peut-elle remplacer le Livret A ?

L’assurance-vie peut compléter le Livret A, mais elle ne le remplace pas parfaitement.

Le fonds en euros d’un contrat d’assurance-vie offre généralement une garantie du capital et peut proposer une rémunération supérieure à celle du Livret A. Son rendement dépend toutefois du contrat, des frais, des éventuelles conditions de versement et de la politique commerciale de l’assureur.

La fiscalité est aussi différente. Les gains d’un Livret A sont intégralement exonérés, tandis que ceux d’une assurance-vie peuvent être imposés lors d’un retrait. Les contrats de plus de huit ans bénéficient d’une fiscalité plus favorable et d’un abattement annuel sur les gains retirés.

L’argent placé en assurance-vie reste normalement accessible, mais un retrait n’est pas aussi immédiat qu’un virement depuis un Livret A.

L’assurance-vie convient donc davantage à une épargne de moyen ou long terme qu’à la totalité de la réserve destinée aux dépenses urgentes.

Le PEA est-il une véritable alternative ?

Le plan d’épargne en actions permet d’investir sur les marchés financiers dans un cadre fiscal avantageux.

Après cinq années de détention, les gains peuvent être exonérés d’impôt sur le revenu, tout en restant soumis aux prélèvements sociaux.

Le PEA présente cependant un risque de perte en capital. La valeur des actions et des fonds peut varier fortement, y compris sur plusieurs années.

Il est donc trompeur de comparer directement le taux garanti du Livret A avec un rendement boursier moyen supposé de 8 %. Un rendement historique moyen :

  • n’est pas garanti ;
  • peut varier selon la période choisie ;
  • ne décrit pas les pertes temporaires ;
  • ne tient pas compte du comportement réel de l’investisseur ;
  • ne garantit pas que l’argent sera disponible sans moins-value au moment où il sera nécessaire.

Le PEA peut être pertinent pour financer des projets à long terme ou préparer la retraite. Il ne doit pas accueillir l’argent susceptible d’être utilisé dans les prochains mois.

Comment organiser son épargne en 2026 ?

Une organisation cohérente consiste à répartir l’épargne en plusieurs niveaux.

Premier niveau : les besoins immédiats

L’argent destiné aux dépenses courantes doit rester sur le compte bancaire.

Deuxième niveau : l’épargne de précaution

Le LEP, lorsque le foyer y est éligible, puis le Livret A et le LDDS peuvent accueillir la réserve disponible et sécurisée.

Troisième niveau : les projets de moyen terme

L’assurance-vie en fonds en euros, certains comptes à terme ou d’autres placements prudents peuvent être étudiés selon les frais, la fiscalité et la date prévue du projet.

Quatrième niveau : les objectifs de long terme

Le PEA, l’assurance-vie en unités de compte ou le plan d’épargne retraite peuvent apporter un potentiel de rendement supérieur, en contrepartie d’un risque de perte et d’une disponibilité parfois réduite.

Cette organisation évite deux erreurs opposées :

  • placer toute son épargne sur le Livret A et perdre progressivement du pouvoir d’achat ;
  • investir toute sa trésorerie de sécurité sur les marchés et devoir vendre au mauvais moment.

À quoi sert l’argent déposé sur le Livret A ?

Le Livret A ne constitue pas seulement un produit d’épargne individuel. Une partie des sommes collectées est centralisée afin de financer notamment le logement social et la politique de la ville.

Les ressources issues de l’épargne réglementée participent également au financement des petites et moyennes entreprises, de la transition écologique et de l’économie sociale et solidaire.

Le niveau de son taux résulte donc d’un équilibre entre plusieurs objectifs :

  • rémunérer les épargnants ;
  • tenir compte de l’inflation ;
  • préserver le financement du logement social ;
  • ne pas rendre excessivement coûteux les prêts indexés sur le Livret A.

Un taux plus élevé est favorable aux épargnants, mais il augmente aussi le coût de certains financements accordés aux bailleurs sociaux et aux collectivités.

Conclusion : un rendement réel probablement négatif, mais un produit toujours utile

Le Livret A ne rapportera pas 3 % en 2026. Son taux est fixé à 1,5 % jusqu’au 31 juillet, puis passera à 1,7 % à compter du 1er août.

Compte tenu des différents taux appliqués pendant l’année, sa rémunération nominale moyenne devrait être proche de 1,6 % pour une somme conservée toute l’année. Si l’inflation moyenne atteint les 2,4 % actuellement prévus, le rendement réel sera négatif d’environ 0,8 %.

Cette perte de pouvoir d’achat ne doit toutefois pas conduire à abandonner le Livret A. Il conserve une fonction essentielle : sécuriser une réserve d’argent disponible immédiatement, sans fiscalité ni risque de marché.

La bonne stratégie ne consiste donc pas à remplacer entièrement le Livret A par un PEA ou une assurance-vie. Elle consiste à limiter le montant placé au niveau réellement nécessaire pour les dépenses imprévues et les projets proches.

Les épargnants éligibles ont intérêt à privilégier d’abord le LEP, mieux rémunéré. Au-delà de l’épargne de précaution, une diversification vers l’assurance-vie, le PEA ou d’autres supports peut être envisagée selon l’horizon, les objectifs et le niveau de risque accepté.

Le Livret A ne garantit pas le maintien du pouvoir d’achat. Mais il reste, en 2026, l’un des meilleurs outils français pour conserver une épargne de sécurité liquide, simple et protégée.