Publié le 2 janvier 2026 à 08:30 — Mis à jour le 2 janvier 2026 à 14:37

À quelques jours de l’entrée en vigueur de ses nouveaux barèmes, le Prêt Avance Rénovation à taux zéro (PAR+) confirme son rôle d’outil clé pour la transition énergétique des foyers les plus modestes. Un arrêté publié mi-décembre au Journal Officiel révise à la hausse ses plafonds de ressources pour 2026, élargissant ainsi légèrement le cercle des bénéficiaires potentiels.

Conçu comme un prêt hypothécaire au remboursement différé, le PAR+ cible spécifiquement les propriétaires occupants aux revenus limités, souvent exclus des circuits de crédit classiques. Son fonctionnement atypique — l’emprunt n’est remboursé qu’à la vente du logement ou lors de la succession — en fait une solution de financement adaptée, notamment pour les seniors.

 

Des plafonds de ressources rehaussés pour 2026

 

Le PAR+ est réservé aux ménages dont les revenus correspondent aux catégories « très modestes » ou « modestes » telles que définies par l’Agence Nationale de l’Habitat (Anah). Ces plafonds, qui varient selon la composition du foyer et la localisation géographique, sont réévalués chaque année.

Plafonds de ressources annuels applicables à partir du 1er janvier 2026 :

Pour une personne seule :

· En Île-de-France : 29 253 € (contre 28 933 € en 2025)
· Autres régions : 22 259 € (contre 22 015 € en 2025)

Pour un couple :

· En Île-de-France : 42 933 €
· Autres régions : 32 553 €

Pour un ménage de 3 personnes :

· En Île-de-France : 51 564 €
· Autres régions : 39 148 €

Les plafonds sont également prévus pour les familles de quatre personnes et plus, avec un supplément par personne additionnelle.

 

Un prêt « à paiements différés » pour lever le frein financier

 

Le cœur de l’innovation du PAR+ réside dans ses modalités de remboursement. Il s’agit d’un prêt hypothécaire dont le capital, plafonné à 50 000 euros, n’est exigible qu’au moment de la « mutation » du bien — c’est-à-dire sa vente ou sa transmission par succession ou donation. Aucune mensualité n’est donc due pendant toute la durée d’occupation du logement.

L’autre avantage majeur de cette version est son caractère à taux zéro pendant les dix premières années. L’État prend en charge la totalité des intérêts sur cette période. Passé ce délai, un taux d’intérêt, librement fixé par l’établissement prêteur, s’appliquera jusqu’au remboursement final.

Profil type du bénéficiaire : Ce mécanisme est particulièrement adapté aux propriétaires qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas supporter de charges mensuelles supplémentaires. Il vise en priorité les seniors, les personnes en fin de carrière ou tout ménage modeste dont la capacité d’endettement est limitée. Le logement concerné doit être une résidence principale achevée depuis plus de deux ans.

 

Travaux éligibles et cumul avec les autres aides

 

Le prêt finance des travaux de rénovation énergétique bien précis :

· Isolation (toitures, murs extérieurs, planchers bas, portes et fenêtres).
· Systèmes de chauffage et de production d’eau chaude sanitaire performants, notamment ceux utilisant des énergies renouvelables.
· Rénovations globales visant une performance énergétique minimale.
· Certains travaux d’assainissement non collectif.

Les devis, obligatoires pour la demande, doivent être établis par des entreprises labellisées « Reconnu Garant de l’Environnement » (RGE), et les travaux doivent être réalisés dans un délai de trois ans après l’obtention du prêt.

Le PAR+ se conçoit comme un financement complémentaire. Il est cumulable avec les principales aides à la rénovation comme MaPrimeRénov’ ou les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE). Un cumul avec l’éco-PTZ est également possible à condition que les deux prêts ne financent pas les mêmes postes de travaux.

 

Une offre bancaire encore restreinte

 

Si le dispositif est porté par l’État, sa distribution passe par les réseaux bancaires conventionnels. À ce jour, l’offre reste limitée. Des établissements comme le Crédit Mutuel et La Banque Postale le proposent, mais tous les réseaux ne le commercialisent pas encore. Les ménages intéressés doivent donc se renseigner auprès de leur conseiller bancaire sur la disponibilité du produit.

En revalorisant ses plafonds de ressources, l’exécutif affine un outil de politique publique qui répond à un double objectif : soutenir le pouvoir d’achat des ménages modestes en améliorant la performance énergétique de leur logement, et accélérer la rénovation du parc immobilier français, étape indispensable à la transition écologique.