Publié le 15 octobre 2025 à 12:00 — Mis à jour le 15 octobre 2025 à 07:44

Entre gel du barème de l’impôt sur le revenu, suppression de niches fiscales et taxation accrue des grandes entreprises, le gouvernement prépare un budget 2026 sous haute tension politique. budget 2026 impôts

 


Objectif : réduire le déficit public sous la barre des 5 % du PIB


 

La copie budgétaire 2026 est prête.
Transmis au Conseil d’État et au Haut Conseil des finances publiques, le texte doit être présenté en Conseil des ministres début de semaine prochaine, avant son dépôt au Parlement.
Ce budget, élaboré dans un contexte de crise politique et financière, vise à ramener le déficit public autour de 4,9 % du PIB, contre environ 5,4 % cette année, selon les prévisions du ministère de l’Économie.

Mais le chemin sera étroit : la stratégie repose sur un mélange d’économies ciblées et de hausses de prélèvements, tant pour les ménages que pour les entreprises

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Pour les ménages : gel du barème et fin de certaines niches fiscales


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L’une des principales mesures du projet consiste à geler le barème de l’impôt sur le revenu.
Autrement dit, les tranches d’imposition ne seront pas réindexées sur l’inflation, ce qui revient à une hausse d’impôt discrète pour une grande partie des foyers.

Parallèlement, plusieurs niches fiscales seraient supprimées ou plafonnées :

  • certaines réductions d’impôt sur les investissements immobiliers,

  • des abattements spécifiques sur les revenus financiers,

  • et des avantages sectoriels jugés « peu efficaces économiquement ».

Objectif de Bercy : gagner entre 8 et 10 milliards d’euros en recettes sans relever formellement les taux d’imposition.

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Pour les entreprises : contribution accrue et lutte contre la fraude


 

Le gouvernement compte également sur le monde économique pour soutenir l’effort collectif.
Plusieurs leviers sont à l’étude :

  • hausse temporaire des contributions sur les bénéfices des grandes entreprises,

  • durcissement de la fiscalité sur les dividendes et les rachats d’actions,

  • renforcement des contrôles fiscaux et de la lutte contre la fraude, avec un objectif de 2 milliards d’euros supplémentaires de recettes.

Les PME pourraient bénéficier de dispositifs d’exonération ciblés, notamment pour les entreprises industrielles ou exportatrices, afin d’éviter un effet récessif.

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La question explosive : la taxation des très hauts patrimoines


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Le débat sur les très grandes fortunes refait surface.
Le gouvernement étudie la création d’une taxation minimale sur les ultra-riches, inspirée de la proposition de l’économiste Gabriel Zucman :

un taux d’environ 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros.

Cette « taxe Zucman » pourrait, selon les estimations, rapporter entre 10 et 25 milliards d’euros par an.
Elle fait l’objet d’intenses discussions au sein de la majorité, certains la jugeant symbolique, d’autres essentielle pour la justice fiscale et la crédibilité du plan de redressement.

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Réduction des dépenses publiques : un effort inédit


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En parallèle, le budget 2026 prévoit environ 43 milliards d’euros d’économies.
Parmi les pistes identifiées :

  • gel partiel des prestations sociales et des pensions,

  • baisse des subventions à certaines collectivités et agences publiques,

  • ralentissement du rythme de créations de postes dans la fonction publique,

  • rationalisation de la dépense hospitalière et des aides à la transition écologique.

Ces mesures, cumulées à la hausse des recettes, doivent permettre de contenir la dérive de la dette, attendue à près de 112 % du PIB fin 2025.

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Un budget sous haute tension politique


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Ce budget 2026 arrive dans un contexte explosif :

  • Emmanuel Macron cherche à obtenir un compromis avec la gauche pour sécuriser une majorité sur le texte.

  • Horizons, le parti d’Édouard Philippe, a déjà posé ses lignes rouges : pas question de revenir sur la réforme des retraites.

  • Les marchés, enfin, scrutent la capacité du gouvernement à tenir sa trajectoire budgétaire, alors que la France reste sous surveillance du FMI et des agences de notation.

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À retenir


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  • Objectif : ramener le déficit sous 5 % du PIB en 2026.
  • Mesures clés : gel du barème, suppression de niches, taxation accrue des grandes entreprises.

  • Une « taxe Zucman » sur les ultra-riches à l’étude.

  • Un budget sous tension politique et financière, entre rigueur et compromis.