La ruée vers le Plan d’épargne retraite (PER) ressemble à un mouvement rationnel : défiscalisation à l’entrée, diversification des placements, constitution d’un capital dédié. En coulisses, la réalité est plus crue : le choix d’un contrat défaillant peut coûter des dizaines, parfois des centaines de milliers d’euros sur une carrière. 2024 l’a prouvé, les écarts de performance entre PER atteignent des niveaux jamais vus.
Performances 2024 : l’essoufflement… sauf pour les meilleurs
L’an dernier, les gestions profilées « à horizon » ont marqué le pas :
Prudent : +4,36 % (vs 5,42 % en 2023)
Equilibré : +5,39 % (vs 6,58 %)
Dynamique : +6,03 % (vs 7,85 %).
Mais ce ralentissement n’est qu’une partie de l’histoire. Car entre les contrats, l’écart est colossal : en gestion dynamique, sur un horizon de 30 ans, la meilleure offre affiche +12,7 % annuel, contre +0,6 % pour la moins performante… Cela représente plus de 200 000 € de différence pour une épargne mensuelle de 1 000 € !
Frais, performances : pourquoi l’écart peut ruiner vos économies
Deux pièges majeurs :
Les frais : versement, gestion, arbitrage… qui grèvent la rentabilité parfois bien au-delà des projections.
Les performances passées : les PER sous-performants sur 3 ans ou plus indiquent souvent une mauvaise gestion, impossible à rattraper sur la durée.
Pour un quadragénaire, les écarts de capital peuvent dépasser 86 000 € sur toute la période, et pour un quinquagénaire plus de 12 000 €… Des montants qui doivent inciter à scruter chaque contrat.
Arbitrer et changer son PER : une stratégie vitale
Changer son PER en cas de mauvais rendement ou de frais excessifs n’est ni automatique ni gratuit. Il faut comparer :
La gestion à horizon vs gestion libre
Le choix de supports d’investissement (ETF, fonds, immobilier…)
Le détail des frais, la clarté de la fiscalité.
Un PER performant devient une vraie machine à capitaliser… Un mauvais contrat, un piège fiscal et financier.
En résumé
Un PER de mauvaise qualité peut ruiner une stratégie retraite. Sur 30 ans, l’écart maximum entre le meilleur et le pire dépasse 200 000 €, pour le même effort d’épargne. Sélectionner et comparer les frais, auditer les gestions profilées, suivre les performances réelles : des réflexes non seulement recommandés, mais indispensables.
FAQ – Plan d’épargne retraite (PER) : comment éviter les mauvais contrats ?
Qu’est-ce qu’un PER à horizon ?
C’est une gestion pilotée où le niveau de risque diminue progressivement à mesure que l’épargnant approche de la retraite. Exemple : à 30 ans, le contrat investit surtout en actions ; à 60 ans, il est principalement sécurisé sur des obligations et du monétaire.
Pourquoi deux PER peuvent-ils afficher des performances si différentes ?
Les différences viennent surtout de la qualité des supports financiers proposés, du sérieux du gestionnaire et des frais appliqués (versements, gestion, arbitrages). Certains contrats cumulent des frais élevés et une allocation peu performante, ce qui plombe leur rendement sur le long terme.
Quels sont les frais les plus pénalisants dans un PER ?
Trois types de frais doivent être surveillés :
frais sur versements (jusqu’à 5 % parfois !)
frais de gestion annuels (souvent entre 0,6 % et 1,2 %)
frais d’arbitrage (en cas de changement de support).
Un contrat avec frais modérés mais bien géré peut largement battre un contrat trop gourmand.
Peut-on changer de PER si le sien est mauvais ?
Oui. Depuis la loi Pacte, il est possible de transférer un PER vers un autre établissement, même si cela peut générer des frais de transfert (plafonnés à 1 % si le contrat a moins de 5 ans, gratuits au-delà). Il est donc recommandé de comparer régulièrement son PER à la concurrence.
Comment choisir un bon PER ?
Vérifiez l’historique des performances (prudent, équilibré, dynamique).
Analysez les frais détaillés (versements, gestion, arbitrage).
Évaluez la variété des supports (ETF, fonds actions, obligations, immobilier).
Privilégiez les acteurs transparents, avec une gestion à horizon performante et lisible.
Un PER est-il toujours intéressant fiscalement ?
Le principal avantage réside dans la déduction fiscale des versements (dans certaines limites). Mais à la sortie, les sommes sont imposées (rente ou capital). Il faut donc comparer le gain fiscal immédiat avec l’imposition future, selon sa tranche marginale d’imposition actuelle et prévue.
Nos autres articles sur l’investissement :
Investissement locatif en France en 2025

Commentaires récents