Publié le 24 novembre 2025 à 07:45 — Mis à jour le 23 novembre 2025 à 21:02

En France, une grande partie de l’épargne reste immobilisée sur des comptes-chèques. Selon Teddy Dewitte, près de 550 millions d’euros d’“argent qui dort compte courant” ne rapportent absolument rien. Une inertie financière qui coûte cher aux épargnants, surtout dans un contexte où l’inflation, même faible, continue d’éroder la valeur du capital.

L’épargne de précaution se transforme en inertie financière

Laisser de grosses sommes sur un compte courant est devenu un réflexe, une forme de prudence quasi culturelle. Pourtant, le compte-chèques n’a jamais été conçu pour épargner. Il sert uniquement à gérer les dépenses du quotidien. Quand l’argent s’y accumule, il ne travaille pas. Il ne rapporte rien. Et surtout, il perd mécaniquement de la valeur, même lorsque l’inflation reste faible, comme aujourd’hui autour de 1,2 %.
Pour Teddy Dewitte, ce réflexe traduit surtout une méconnaissance des alternatives et une peur du risque profondément ancrée chez les épargnants français.

Des placements « sans risque »… mais sans rendement

Cette peur du risque oriente massivement les Français vers des placements présentés comme sûrs : livrets bancaires, dépôts à terme, fonds monétaires, ou encore Livret A. Ces supports ont un mérite : ils préservent le capital. Mais leur rémunération, souvent très faible, ne permet pas de compenser l’érosion monétaire.
Même les fonds euros, longtemps considérés comme la pierre angulaire d’une épargne sûre et rentable, voient leur rendement baisser année après année. S’ils conservent un rôle dans un portefeuille, ils ne peuvent plus constituer la seule réponse à la question de l’épargne.

Investir mieux : l’appel à une prise de conscience

Pour le directeur général délégué de Flornoy, l’enjeu est désormais clair : les Français doivent accepter de réorienter une partie de leur épargne vers des placements plus dynamiques. Les unités de compte, dans l’assurance-vie notamment, sont souvent mises en avant pour leur potentiel de performance nettement supérieur à celui des supports garantis.
Cela ne signifie pas de tout miser sur des placements volatils, mais de mettre en place une stratégie équilibrée, adaptée à son profil de risque et à son horizon de placement.

Une vision trop court-termiste qui limite la performance

Un autre obstacle majeur freine les épargnants : leur vision de l’épargne reste trop centrée sur le court terme. Beaucoup cherchent des placements sûrs, liquides, disponibles rapidement. Cette logique conduit à privilégier des produits qui, par nature, ne peuvent pas offrir de rendement significatif.
Pourtant, l’histoire financière le démontre : ce sont les investissements de long terme, notamment ceux exposés aux marchés financiers, qui permettent de construire un patrimoine solide et performant. À condition d’accepter une diversification maîtrisée.

Diversifier pour mieux protéger et valoriser son capital

Enfin, le manque de diversification est un problème récurrent. Mettre l’ensemble de son épargne dans un seul produit – même sécurisé – revient à s’exposer à un risque silencieux : celui de passer à côté d’opportunités beaucoup plus rentables.
Une stratégie patrimoniale robuste repose sur un équilibre entre plusieurs composantes : liquidités, fonds euros, unités de compte, placements immobiliers, produits structurés, voire actions en direct. Cette approche permet de lisser les risques et d’augmenter le potentiel de rendement global.

Conclusion : l’immobilisme est devenu le vrai risque

Le message de Teddy Dewitte a le mérite d’être clair : ne rien faire est devenu la plus mauvaise stratégie. Laisser dormir ses économies sur un compte courant, même par prudence, revient aujourd’hui à s’appauvrir lentement.
Dans un environnement où l’inflation reste positive et où les supports garantis peinent à offrir des rendements intéressants, la clé réside dans l’action, la diversification et une vision à long terme. Faire travailler son argent n’est plus une option : c’est une nécessité pour préserver et valoriser son patrimoine.