Publié le 30 décembre 2025 à 18:00 — Mis à jour le 30 décembre 2025 à 11:36

Le signal est discret, mais lourd de sens. En annonçant dès la mi-décembre le rendement 2025 de son fonds en euros, Milleis Vie devient le premier assureur du marché à lever le voile sur les performances à venir de l’assurance vie. Un exercice scruté de près par les épargnants comme par les professionnels, tant il donne souvent le tempo de la campagne de début d’année.

Le verdict est désormais connu : le fonds en euros des contrats Milleis affiche un rendement net de frais de gestion de 2,75 % pour 2025, en progression de 0,20 point par rapport à 2024. Un niveau qui marque un retour à celui observé en 2023, année charnière ayant acté la fin du long cycle de rendements atones.

Un taux solide, mais pas spectaculaire

 

Dans un marché encore marqué par de fortes disparités, ce premier chiffre ne constitue ni une rupture, ni une déception. Il s’inscrit dans une logique de normalisation progressive des rendements, après le redressement amorcé en 2023 sous l’effet de la remontée des taux obligataires.

Le rendement annoncé concerne plusieurs contrats de l’assureur, dont Milleis Horizon Vie, Épargne Vie Milleis ou encore Capi Milleis. À ce taux s’ajoute un dispositif de bonification commerciale : une majoration temporaire de 2,25 % appliquée en 2026 pour les nouvelles souscriptions ou nouveaux versements réalisés au premier semestre 2026, sous réserve d’un investissement minimum de 30 % en unités de compte (hors gestion pilotée).

Cette mécanique illustre une tendance devenue structurelle : le fonds en euros reste un socle, mais il est désormais utilisé comme levier d’allocation vers les supports plus risqués.

Le retour du fonds euros, mais sous conditions

 

Après une décennie de recul, le fonds en euros a retrouvé une place centrale dans les stratégies d’épargne. Selon les données publiées par ACPR, le rendement moyen du marché s’est établi à 2,63 % en 2024, avec des écarts significatifs selon les assureurs et parfois entre contrats d’un même acteur.

L’annonce de Milleis confirme une réalité désormais bien installée :
le fonds en euros ne constitue plus un produit uniforme. Sa performance dépend :

  • de la politique d’investissement de l’assureur,

  • de sa capacité à capter des flux récents à des taux obligataires plus élevés,

  • et de sa stratégie commerciale, souvent conditionnée à l’acceptation d’unités de compte.

 

2025 : une année potentiellement favorable, mais sélective

 

Sur le plan macrofinancier, l’environnement reste contrasté. Les taux obligataires se sont stabilisés à des niveaux compatibles avec des rendements décents, sans offrir pour autant de nouvel effet d’aubaine. En revanche, plusieurs facteurs pourraient soutenir les performances en 2025 :

  • une collecte d’assurance vie dynamique,

  • un désintérêt progressif pour les livrets réglementés, dont les taux devraient de nouveau baisser en février,

  • et un redéploiement partiel de l’épargne de précaution vers des solutions à horizon plus long.

Dans ce contexte, les fonds en euros devraient continuer à offrir des rendements honorables, mais très différenciés. Les annonces attendues entre janvier et février seront déterminantes, notamment celles de MACSF, La France Mutualiste, Afer ou encore Gaipare.

Ce que ce premier taux nous dit vraiment

 

L’annonce de Milleis ne constitue pas une révolution, mais elle livre plusieurs enseignements clés :

  • le cycle de revalorisation du fonds euros est réel, mais arrivé à maturité,

  • les assureurs privilégient une approche prudente et ciblée,

  • le fonds euros reste attractif, mais rarement sans contrepartie d’allocation.

Pour l’épargnant, la question n’est donc plus seulement de connaître le taux servi, mais de comprendre dans quelles conditions il est obtenu, et dans quelle stratégie globale il s’inscrit.

À mesure que les autres assureurs dévoileront leurs rendements, 2025 s’annonce comme une année de confirmation plutôt que de surprise : le fonds en euros a retrouvé sa place, mais il ne retrouvera pas son ancien statut de placement universel sans compromis.