Après plusieurs années de collecte erratique, Carmignac signe en 2025 un net retournement de dynamique. La société de gestion fondée par Édouard Carmignac a engrangé près de 4 milliards d’euros de collecte nette, repassant au-dessus du seuil symbolique des 40 milliards d’euros d’encours. Un rebond significatif, dans un environnement pourtant marqué par une forte concurrence des ETF et une défiance persistante vis-à-vis de la gestion active.
Un contexte de marché plus favorable aux convictions
Le redressement de Carmignac ne peut être dissocié du changement de régime de marché observé depuis 2024. Après une décennie dominée par les stratégies indicielle et factorielle, la montée de la volatilité, la fragmentation géopolitique et la fin de l’argent gratuit ont redonné de la valeur aux approches flexibles et internationales.
Dans ce contexte, Carmignac a bénéficié de son ADN historique :
- gestion globale,
- allocation active entre classes d’actifs,
- et capacité à naviguer entre cycles macroéconomiques désynchronisés.
Les fonds diversifiés et obligataires de la maison ont particulièrement profité de la normalisation des taux, permettant à la société de proposer à nouveau des profils rendement/risque lisibles pour les investisseurs patrimoniaux.
Une collecte tirée par les réseaux et l’international
La collecte 2025 s’est appuyée sur deux piliers majeurs.
D’abord, les réseaux de distribution européens, notamment en France, en Italie et en Espagne, où Carmignac conserve une forte notoriété auprès des conseillers en gestion de patrimoine et des banques privées. Ensuite, l’international, avec une reprise des flux en provenance de certains investisseurs institutionnels et de plateformes paneuropéennes.
Ce retour de la confiance s’explique aussi par un discours plus discipliné. Après une période de communication parfois jugée trop clivante, Carmignac a recentré son message sur la gestion des risques, la diversification réelle et la protection du capital dans un monde instable.
La revanche partielle de la gestion active
Le succès de Carmignac en 2025 s’inscrit dans un mouvement plus large : sans remettre en cause la domination structurelle des ETF, la gestion active retrouve une légitimité dans des marchés moins directionnels et plus heurtés.
Pour les investisseurs, la promesse est claire :
non plus battre un indice à tout prix, mais absorber les chocs, arbitrer entre zones géographiques, devises et duration, et offrir une lecture macroéconomique intégrée.
Dans ce cadre, Carmignac apparaît comme l’un des bénéficiaires naturels du retour de l’incertitude, là où les stratégies passives montrent leurs limites en phase de transition économique.
Des défis toujours présents
Pour autant, ce rebond ne signe pas une victoire définitive. La société reste confrontée à plusieurs défis structurels :
- une pression continue sur les frais,
- une concurrence accrue des solutions hybrides (ETF actifs, fonds indiciels améliorés),
- et une exigence croissante de régularité dans les performances.
La collecte retrouvée devra donc être consolidée dans la durée, sous peine de n’être qu’un effet de cycle.
Un signal fort pour l’industrie
La trajectoire de Carmignac en 2025 envoie néanmoins un message clair au marché :
la gestion active n’est pas condamnée, à condition d’être lisible, cohérente et alignée avec les attentes patrimoniales de long terme.
Dans une industrie en pleine recomposition, la société démontre qu’il est encore possible de capter des flux significatifs sans céder ni au mimétisme indiciel, ni à la course aux produits standardisés.

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