Hermès a publié le 22 octobre 2026 un chiffre d’affaires trimestriel de 4,10 milliards d’euros, en progression de 4,3 % à taux de change constants. Cette croissance, la plus faible depuis début 2020, est inférieure aux attentes des analystes. Si la maroquinerie résiste, les ventes de vêtements et d’accessoires reculent, tandis que le marché chinois demeure difficile.
Une croissance inférieure aux attentes
Au troisième trimestre 2026, le chiffre d’affaires d’Hermès s’est établi à 4,096 milliards d’euros, contre 3,881 milliards un an auparavant.
Cette évolution représente une progression de 5,5 % à taux de change courants, mais de seulement 4,3 % à taux constants.
Cette distinction est essentielle : la croissance à taux constants neutralise les effets des fluctuations monétaires et permet de mieux apprécier l’évolution commerciale du groupe.
Au deuxième trimestre, Hermès avait enregistré une croissance organique de 6,7 %.
Le ralentissement intervient alors que les analystes interrogés par Visible Alpha anticipaient une progression de 5,2 % à taux constants, selon Reuters.
Sur les neuf premiers mois de l’année, le groupe réalise néanmoins 12,26 milliards d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de 5,5 % à taux constants.
La maroquinerie demeure le principal moteur
Les performances varient sensiblement selon les métiers.
La division Maroquinerie-Sellerie, qui comprend notamment les sacs Birkin et Kelly, affiche une croissance trimestrielle de 10,8 % à taux constants.
Cette activité représente environ 47 % des ventes du trimestre et demeure le premier contributeur au chiffre d’affaires du groupe.
À l’inverse, la division Vêtement et Accessoires recule de 2 %, après plusieurs années de croissance.
L’Horlogerie enregistre également une diminution de 6 %, tandis que la Soie et les Textiles progressent de 1,4 %.
Les Parfums et la Beauté affichent une hausse de 7,5 %.
Ces écarts illustrent une demande toujours soutenue pour les produits de maroquinerie, mais plus contrastée dans les autres catégories.
La Chine ralentit, les Amériques et l’Europe progressent
La répartition géographique des ventes met en évidence des différences importantes.
Au troisième trimestre, l’Asie-Pacifique hors Japon enregistre une croissance nulle à taux de change constants.
La direction a confirmé que le marché chinois restait difficile, notamment pour certaines catégories d’accessoires.
La Grande Chine demeure néanmoins un marché stratégique pour Hermès, qui poursuit ses investissements dans son réseau de distribution.
D’autres régions enregistrent des performances plus favorables.
Les ventes progressent de 9,6 % au Japon, de 9,5 % en Europe hors France et de 8,8 % dans les Amériques.
La France affiche une hausse de 3,6 %, tandis que la zone comprenant principalement le Moyen-Orient recule de 4,5 %, dans un contexte géopolitique dégradé.
Cette diversification géographique permet au groupe de compenser partiellement le ralentissement observé sur certains marchés asiatiques.
Une rentabilité qui reste élevée
Le ralentissement du chiffre d’affaires ne doit pas être confondu avec une dégradation équivalente de la rentabilité.
Hermès ne publie pas de résultat opérationnel détaillé à chaque trimestre.
Les derniers résultats complets disponibles, correspondant au premier semestre 2026, faisaient apparaître un résultat opérationnel courant de 3,35 milliards d’euros.
La marge opérationnelle courante atteignait alors 41 %, un niveau identique à celui enregistré sur l’ensemble de l’exercice 2025.
Le groupe disposait également d’une trésorerie nette de 12,31 milliards d’euros à fin juin 2026.
Ces indicateurs témoignent d’une situation financière solide à cette date. Ils ne permettent cependant pas de préjuger de la marge qui sera réalisée sur l’ensemble de 2026.
Comment la Bourse a-t-elle réagi ?
Les résultats trimestriels ont été accueillis défavorablement par les investisseurs.
Le 22 octobre, l’action Hermès a reculé d’environ 5 % après la publication des ventes, selon Reuters.
Cette réaction intervient alors que le titre avait déjà connu une correction importante depuis le début de l’année.
La valorisation boursière d’Hermès repose historiquement sur des anticipations de croissance soutenue, une rentabilité élevée et la solidité de son modèle économique.
Lorsque la croissance publiée est inférieure aux attentes, les investisseurs peuvent réviser leurs prévisions de bénéfices futurs et les multiples de valorisation qu’ils acceptent de payer.
Il ne suffit donc pas qu’une entreprise continue de croître pour que son action progresse.
Quelles perspectives pour Hermès ?
La direction maintient son objectif de croissance du chiffre d’affaires à taux de change constants à moyen terme, tout en soulignant les incertitudes économiques, géopolitiques et monétaires.
Le groupe poursuit également l’augmentation de ses capacités de production en maroquinerie.
Après l’ouverture d’un atelier à Loupes, en Gironde, en avril 2026, de nouveaux sites sont programmés dans les Ardennes en 2027, le Calvados en 2028 et l’Eure en 2030.
Pour les investisseurs, plusieurs indicateurs seront particulièrement importants : l’évolution de la demande chinoise, la croissance des activités hors maroquinerie, le maintien des marges et les effets des variations de change.
Les résultats annuels 2026, dont la publication est prévue le 12 février 2027, apporteront des informations complémentaires sur la rentabilité du groupe.
Ce qu’il faut retenir
Hermès reste en croissance, mais son troisième trimestre 2026 marque un ralentissement notable de son activité.
La maroquinerie continue d’afficher une progression à deux chiffres, tandis que le prêt-à-porter, les accessoires et l’horlogerie connaissent davantage de difficultés.
Le groupe conserve des fondamentaux financiers solides au regard de ses derniers résultats semestriels, mais la baisse de sa croissance soulève des interrogations sur les perspectives intégrées à sa valorisation boursière.
L’évolution des ventes et des marges lors des prochains exercices constituera un élément déterminant pour apprécier sa trajectoire financière.
Sources : Hermès International, communiqué du 22 octobre 2026 ; résultats semestriels 2026 ; Reuters et Agefi-Dow Jones, 22 octobre 2026.