Une collecte record pour le mois d’août 2025
Les Français confirment leur appétence pour l’épargne de long terme. Selon les données publiées par France Assureurs, les cotisations sur les contrats d’assurance vie ont atteint 12,1 milliards d’euros en août 2025, soit une hausse de 26 % par rapport à l’année précédente.
Un niveau inédit pour cette période estivale, traduisant un regain de confiance envers ce placement historique.
Cette dynamique concerne à la fois les fonds en euros (+26 %) et les unités de compte (UC) (+25 %), preuve que les épargnants n’hésitent plus à diversifier leurs allocations pour chercher davantage de rendement.
Des flux exceptionnels depuis le début de l’année
Depuis janvier, 128,3 milliards d’euros ont déjà été versés sur des contrats d’assurance vie, soit près de 10 milliards de plus qu’à la même période de 2024.
Les prestations versées (rachats, sorties, décès) se sont, elles, établies à 8,4 milliards d’euros en août, en baisse de 7 % sur un an.
Résultat : la collecte nette du mois s’élève à +3,7 milliards d’euros, six fois supérieure à celle d’août 2024 (+618 millions d’euros).
Depuis le début de 2025, la collecte nette cumulée atteint +35,3 milliards d’euros, soit +17,1 milliards de mieux qu’en 2024.
Les deux moteurs de cette performance sont les supports en unités de compte (+29,6 milliards d’euros) et, dans une moindre mesure, les fonds en euros (+5,7 milliards).
« La collecte d’août est quatre fois supérieure à la moyenne des dix dernières années », souligne Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne.
« Depuis 1997, l’assurance vie n’a connu que quatre décollectes au mois d’août, dont deux récentes en 2022 et 2023. »
Un encours historique dépassant les 2.000 milliards d’euros
À fin août, l’encours total de l’assurance vie atteint 2.068 milliards d’euros, en progression de 4,7 % sur un an.
Ce chiffre illustre la solidité structurelle de ce placement, qui demeure le premier produit d’épargne des Français, détenu par près d’un ménage sur deux.
Pourquoi un tel engouement ?
Plusieurs facteurs expliquent ce succès durable :
La baisse du rendement de l’épargne réglementée, avec un Livret A et LDDS à 1,7 % depuis le 1er août.
La bonne tenue des marchés financiers, qui soutient les performances des unités de compte.
Et enfin, le climat d’incertitude économique, poussant les ménages à privilégier la sécurité et la flexibilité de l’assurance vie.
L’assurance vie reste un outil de placement unique, permettant de combiner sécurité du capital sur les fonds euros et rendement potentiel supérieur sur les UC, tout en offrant une fiscalité attractive après huit ans de détention.
Des menaces fiscales à l’horizon ?
Mais ce succès attire aussi l’attention du gouvernement. Selon plusieurs sources, le Premier ministre envisagerait d’alourdir la fiscalité de l’épargne, notamment via une hausse des prélèvements sociaux ou du prélèvement forfaitaire unique (PFU), actuellement fixé à 30 %.
Une piste qui inquiète les épargnants et les professionnels du secteur.
« En taxant davantage l’épargne, le gouvernement espère relancer la consommation. Mais c’est une erreur classique : la consommation dépend avant tout de la confiance », analyse Philippe Crevel.
« Historiquement, une hausse de la fiscalité sur l’épargne conduit souvent à… une augmentation du taux d’épargne, les ménages cherchant à compenser la perte de rendement. »
Pour l’heure, aucune mesure n’a été confirmée, mais les débats autour de la prochaine loi de finances pourraient remettre la question sur la table.
Toute réforme du PFU toucherait directement les foyers les plus aisés, mais aussi une partie de la classe moyenne, détentrice de contrats d’assurance vie depuis plusieurs années.
Un placement toujours incontournable
Malgré ces incertitudes, l’assurance vie demeure le pilier de la stratégie patrimoniale des Français.
Son couple rendement / sécurité, sa souplesse en matière de transmission, et ses avantages fiscaux en font un outil central, que ce soit pour préparer la retraite, transmettre un capital ou diversifier son épargne.
À retenir
12,1 milliards € de cotisations en août (+26 %)
+35,3 milliards € de collecte nette depuis janvier
2.068 milliards € d’encours total
Fonds euros et unités de compte en hausse simultanée
Menace d’une hausse de la fiscalité sur l’épargne à l’étude
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