Publié le 7 janvier 2026 à 07:30 — Mis à jour le 6 janvier 2026 à 17:57

Le Compte Épargne Logement (CEL) s’apprête à subir une nouvelle baisse de rémunération à compter du 1er février 2026. Une évolution logique, mécanique, mais lourde de conséquences pour les épargnants. Derrière cette baisse se cache une réalité simple : le CEL est en train de devenir un produit d’épargne marginal, conservé davantage par habitude que par intérêt financier réel.

Une baisse automatique, dictée par le Livret A

Le taux du CEL est strictement réglementé. Il correspond à deux tiers du taux du Livret A, arrondi au quart de point le plus proche (ou au quart supérieur en cas d’hésitation).

Avec un Livret A attendu à 1,4 % en février, le calcul est sans appel :

  • le taux brut du CEL tomberait à 1 %, contre 1,25 % actuellement.

Cette baisse n’est donc ni politique ni conjoncturelle : elle est purement mathématique.

Une rémunération faible… et fiscalisée

Contrairement au Livret A, le CEL n’est pas exonéré d’impôt.

Les intérêts sont soumis :

  • soit au PFU de 30 % (12,8 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux),
  • soit, pour les ménages faiblement imposés, au barème de l’impôt sur le revenu (option possible).

 Résultat concret :

  • 1 % brut = environ 0,70 % net pour un épargnant soumis au PFU,
  • contre 1,4 % net et sans fiscalité pour le Livret A.

Autrement dit, le CEL rapporte deux fois moins qu’un Livret A, tout en étant plafonné à 15 300 €.

Le seul intérêt du CEL : le droit à prêt

Le CEL n’a jamais été conçu comme un produit de rendement. Son rôle historique est ailleurs : donner accès à un prêt épargne logement.

À partir de février 2026 :

  • le taux du prêt CEL passerait de 2,75 % à 2,50 %,
  • durée maximale : 15 ans,
  • montant du prêt plafonné à 23 000 €.

Sur le papier, ce taux redevient compétitif par rapport aux crédits immobiliers bancaires (souvent entre 3 % et 3,4 % sur 15 ans).

Mais il y a un prix à payer.

Un arbitrage défavorable pour l’épargnant

Pour bénéficier de ce prêt :

  • il faut accepter pendant plusieurs années une épargne faiblement rémunérée,
  • immobiliser des fonds à 0,70 % net,
  • pour, au final, un prêt de faible montant.

Dans la majorité des projets immobiliers actuels, 23 000 € ne changent pas l’équation globale du financement. Le CEL devient alors un produit accessoire, voire inutile, sauf cas très ciblés.

CEL vs PEL : l’écart se creuse

Depuis le 1er janvier 2026, les nouveaux PEL affichent :

  • un taux de rémunération de 2 % brut,
  • un droit à prêt jusqu’à 92 000 €.

Certes, le PEL est plus contraignant (versements obligatoires, pénalités en cas de retrait), mais l’écart d’intérêt économique est désormais net.

Le CEL conserve un avantage : les retraits sont libres, sans clôture.

Mais cet avantage ne compense plus la faiblesse de la rémunération.

Faut-il encore ouvrir ou conserver un CEL en 2026 ?

Soyons clairs.

❌ Mauvais choix si :

  • l’objectif est le rendement,
  • l’épargne est de court ou moyen terme,
  • le projet immobilier est incertain ou lointain.

✅ Intérêt limité si :

  • le CEL est ancien et déjà bien doté,
  • un projet immobilier précis est envisagé à court terme,
  • l’accès à un prêt complémentaire à taux réglementé a une vraie utilité.

Dans tous les autres cas, le Livret A, voire une assurance-vie en fonds euros, sont objectivement plus pertinents.

Conclusion : un produit en fin de cycle

Le CEL ne disparaîtra pas. Il reste un outil réglementaire, utile dans certains montages précis. Mais en 2026, il ne constitue plus une solution d’épargne crédible pour la majorité des ménages.

La baisse à 1 % brut ne fait qu’entériner une réalité déjà visible : Le CEL est devenu un produit de niche, conservé par inertie plus que par stratégie.