Le projet de loi de finances 2025, adopté en première lecture à l’Assemblée nationale, prévoit une hausse de la CSG sur les revenus du capital.
Si cette mesure est confirmée au terme de la navette parlementaire, le taux des prélèvements sociaux passerait de 17,2 % à 18,6 %, entraînant mécaniquement une hausse de la fiscalité globale (PFU) à 31,4 %.
Une évolution qui, sans être encore définitive, pourrait modifier sensiblement la rentabilité nette de vos placements. Voici ce qu’il faut savoir, produit par produit.
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Le Contexte Politique et Fiscal
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La mesure trouve son origine dans un amendement gouvernemental visant à financer la suspension partielle de la réforme des retraites.
Elle s’inscrit dans un contexte de tensions budgétaires où Bercy cherche de nouvelles recettes sans augmenter directement l’impôt sur le revenu.
Rien n’est encore acté : le texte doit encore passer par le Sénat, puis un éventuel compromis en commission mixte paritaire.
Mais la direction est claire : le rendement du capital sera davantage mis à contribution en 2025.
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| Taux actuels | Taux actuels | Taux proposés |
|---|---|---|
| Prélèvements sociaux | 17,2 % | 18,6 % |
| PFU (Flat Tax) global | 30 % | 31,4 % |
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Le PEA : l’avantage fiscal reste intact, mais le coût augmente légèrement
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Le Plan d’Épargne en Actions (PEA) demeure l’enveloppe favorite des investisseurs en Bourse.
La hausse des prélèvements sociaux n’en remet pas en cause les fondements, mais en réduit marginalement le rendement net.
Avant 5 ans : toute clôture anticipée entraîne une imposition au PFU à 31,4 % (contre 30 % aujourd’hui).
Autrement dit, la “pénalité fiscale” sur une sortie prématurée augmente légèrement.Après 5 ans : les gains restent exonérés d’impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux au taux de 18,6 % s’appliquent au moment du retrait.
Conclusion : le PEA conserve son statut d’enveloppe reine pour l’investissement en actions de long terme.
Cette évolution renforce simplement la nécessité de le conserver au minimum 5 ans.
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L’assurance-vie : la fiscalité se complexifie encore
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C’est sans doute le placement le plus sensible à cette hausse.
L’assurance-vie, déjà encadrée par plusieurs régimes fiscaux, verrait toutes ses tranches de rendement légèrement ponctionnées.
Avant 8 ans
Les retraits sont soumis au PFU à 31,4 % (contre 30 % actuellement).
Ce régime reste par défaut pour les rachats récents.
Après 8 ans
Sur les versements < 150 000 € (tous contrats confondus) :
7,5 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux = 26,1 % (contre 24,7 % actuellement).Au-delà de 150 000 € : le PFU à 31,4 % s’applique.
Les abattements annuels (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple) restent inchangés et continuent de s’appliquer uniquement sur la part d’impôt sur le revenu, pas sur les prélèvements sociaux.
Distinction entre supports
Fonds en euros : les PS sont prélevés “au fil de l’eau”. Leur taux grimperait à 18,6 % dès 2025.
Unités de compte (UC) : les PS sont calculés à la sortie, donc la hausse s’appliquerait lors du rachat.
En résumé : L’assurance-vie reste attractive à long terme (au-delà de 8 ans), mais la rentabilité nette va se contracter d’environ 0,15 point.
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Le Compte-Titres Ordinaire (CTO) : un rendement net encore plus érodé
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Le CTO est l’enveloppe la plus exposée.
Le PFU passe mécaniquement à 31,4 %, ce qui réduit la rentabilité nette des dividendes et plus-values.
L’alternative reste le barème progressif de l’impôt sur le revenu + 18,6 % de PS, mais cette option devient encore moins avantageuse pour la plupart des épargnants, sauf les foyers non imposables.
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Le PER et l’épargne salariale : fiscalité en hausse, mais déductibilité intacte
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Le Plan d’Épargne Retraite (PER) n’échappe pas à la hausse, même si la logique fiscale reste différente.
Les intérêts capitalisés et les rentes versées sont soumis aux prélèvements sociaux, qui grimperaient donc à 18,6 %.
La déduction des versements reste inchangée : l’avantage fiscal à l’entrée compense en partie la hausse à la sortie.
Concernant le PEE / PEG, les gains soumis aux PS lors du déblocage seront eux aussi taxés à 18,6 %.
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Ce qui ne change pas : les placements 100 % défiscalisés
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Bonne nouvelle : certains produits d’épargne restent totalement exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux.
C’est le cas des :
Livret A
LDDS
LEP
CEL (Compte Épargne Logement) pour la phase épargne
Ces supports conservent leur rôle de base de liquidité et de sécurité dans un patrimoine, notamment en période d’instabilité fiscale.
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Conseils patrimoniaux pour anticiper la hausse
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- Restez calme : rien n’est encore voté définitivement. La mesure doit encore passer le Sénat.
Ne fermez aucun contrat hâtivement : un rachat d’assurance-vie déclencherait l’imposition immédiate.
Renforcez vos PEA : le meilleur outil pour investir en actions à long terme avec fiscalité allégée.
Optimisez votre assurance-vie sur le long terme : au-delà de 8 ans, elle reste imbattable.
Diversifiez vos supports : combinez liquidité (Livret A), rendement (fonds euros, PEA) et fiscalité différée (PER).
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En conclusion
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Cette hausse de la CSG sur les revenus du capital, si elle est confirmée, restera supportable, mais marque une nouvelle étape dans la fiscalité du patrimoine.
Elle confirme la tendance de fond : l’État cherche à mobiliser l’épargne privée pour financer les dépenses publiques, au détriment du rendement net.
Plus que jamais, il devient essentiel de piloter activement sa stratégie patrimoniale, en arbitrant selon la durée, la fiscalité et les objectifs de transmission.

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