Publié le 24 septembre 2026 à 07:30 — Mis à jour le 20 septembre 2026 à 11:19

L’abattement fiscal de 10 % dont bénéficient les retraités pourrait être de nouveau remis en cause dans le cadre du budget 2027. Le gouvernement cherche plusieurs milliards d’euros d’économies sur les dépenses liées aux retraites et étudie différentes solutions : réduction de cet avantage fiscal, moindre revalorisation de certaines pensions ou combinaison des deux.

Pour des millions de retraités, l’enjeu est loin d’être anodin : une réduction de l’abattement peut directement entraîner une hausse de l’impôt sur le revenu.

Mais, au 20 septembre 2026, aucune suppression générale n’est définitivement décidée.

Comment fonctionne l’abattement de 10 % sur les retraites ?

Les pensions de retraite imposables bénéficient actuellement d’un abattement automatique de 10 % avant le calcul de l’impôt sur le revenu.

Pour les revenus de 2025 déclarés en 2026, cet abattement ne peut être inférieur à 454 € par pensionné et il est plafonné à 4 439 € pour l’ensemble du foyer fiscal.

Un retraité percevant par exemple 30 000 € de pension annuelle ne sera donc imposé, avant les autres mécanismes fiscaux, que sur 27 000 €.

À partir d’un certain niveau de pension, le plafond de 4 439 € limite toutefois l’avantage.

Contrairement à la déduction de 10 % appliquée aux salaires, cet abattement n’a pas vocation à rembourser des frais professionnels réellement engagés par les retraités : il constitue un mécanisme fiscal spécifique aux pensions.

Pourquoi le gouvernement veut-il le modifier ?

Le gouvernement prépare un budget 2027 marqué par une forte recherche d’économies. Le Premier ministre Sébastien Lecornu prévoit un effort budgétaire global de plusieurs dizaines de milliards d’euros afin de limiter le déficit public.

Le 11 septembre, David Amiel indiquait que la revalorisation de toutes les pensions au rythme de l’inflation coûterait plus de 6 milliards d’euros en 2027.

Deux grandes pistes étaient alors avancées : maintenir une indexation générale des pensions mais supprimer l’abattement fiscal de 10 %, ou protéger prioritairement les petites retraites tout en réduisant fortement cet avantage fiscal.

Depuis, la position semble s’être assouplie. Sébastien Lecornu a indiqué que l’effort demandé aux retraités devrait finalement être inférieur à 6 milliards d’euros et que les petites pensions seraient protégées. Une combinaison entre réduction de l’abattement et désindexation partielle de certaines pensions reste envisagée.

Quel pourrait être l’impact sur votre impôt ?

La suppression de l’abattement ne ferait pas baisser directement le montant de la pension versée. Elle augmenterait en revanche le revenu soumis à l’impôt.

Prenons un exemple simplifié.

Un retraité célibataire percevant 30 000 € de pensions bénéficie actuellement d’un abattement de 3 000 €. Son revenu imposable lié à ses pensions est donc ramené à 27 000 €.

Sans cet abattement, 3 000 € supplémentaires entreraient dans le calcul de l’impôt.

La hausse réelle dépendrait ensuite de sa situation familiale, de ses autres revenus, de sa tranche marginale d’imposition, de la décote et des éventuelles réductions ou crédits d’impôt.

À titre purement indicatif, 3 000 € supplémentaires taxés intégralement dans une tranche marginale à 11 % représenteraient jusqu’à environ 330 € d’impôt supplémentaire. À 30 %, l’écart théorique pourrait atteindre 900 €, mais le calcul réel est nécessairement plus complexe.

Tous les retraités seraient-ils concernés ?

Pas forcément.

Les personnes qui ne paient actuellement pas d’impôt sur le revenu pourraient rester non imposables malgré une diminution de l’abattement.

L’effet serait donc très différent selon le niveau de pension et la composition du foyer.

C’est précisément l’un des enjeux du débat : une suppression totale du dispositif et une simple baisse de son plafond ne produiraient pas les mêmes effets.

Le gouvernement affirme vouloir protéger davantage les petites pensions, mais les seuils et modalités exacts ne sont pas encore connus.

Une réforme déjà tentée en 2026

Le sujet n’est pas nouveau.

Le projet initial de budget 2026 prévoyait déjà de remplacer l’abattement proportionnel de 10 % par un abattement forfaitaire de 2 000 €.

Cette réforme n’a finalement pas été retenue : la loi de finances pour 2026 a conservé le dispositif de 10 %.

Le retour du sujet dans le budget 2027 montre néanmoins que cet avantage fiscal reste dans le viseur des pouvoirs publics à la recherche d’économies.

Abattement fiscal et revalorisation des pensions : deux sujets à surveiller

Pour les retraités, l’impact du budget 2027 pourrait en réalité venir de deux mécanismes différents.

Le premier concerne la fiscalité : une baisse de l’abattement augmente le revenu imposable.

Le second concerne directement le montant de la retraite : si certaines pensions sont revalorisées moins vite que l’inflation, leur pouvoir d’achat diminue en termes réels, même si leur montant nominal ne baisse pas.

Il faudra donc examiner les deux mesures ensemble pour connaître l’impact réel sur chaque foyer.

Ce qu’il faut retenir

L’abattement fiscal de 10 % sur les pensions de retraite est toujours en vigueur en septembre 2026, avec un plafond de 4 439 € par foyer pour les revenus 2025.

Sa réduction est cependant de nouveau étudiée dans le cadre du budget 2027.

Le gouvernement envisage parallèlement une revalorisation moins importante de certaines pensions afin de contenir la progression des dépenses.

Rien n’est encore définitivement arrêté : les modalités devront être précisées dans les textes budgétaires puis discutées au Parlement.

Pour les retraités, l’enjeu sera donc de regarder simultanément l’évolution de leur pension et celle de leur revenu imposable. Une modification apparemment technique de l’abattement de 10 % peut, pour certains foyers imposables, représenter plusieurs centaines d’euros d’impôt supplémentaires chaque année